La Rédaction

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La start-up égyptienne Qualiphi, spécialisée dans les services de carrière assistés par intelligence artificielle, rachète la plateforme virtuelle Career Club dans le cadre d’un accord à six chiffres. Cette opération doit accélérer son expansion en Égypte et dans les pays du Golfe, et enrichir son offre d’orientation, de développement de compétences et d’événements de recrutement pour mieux connecter étudiants, universités et employeurs.

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Malgré son rôle moteur dans l’inclusion financière sur un continent où le taux de bancarisation reste faible, le mobile money voit son plein potentiel entravé par des freins structurels majeurs. Pourtant, ce service, qui s’enrichit au fil des ans de nouvelles offres, notamment bancaires, a le pouvoir de transformer l’économie domestique et la finance en Afrique.

Longtemps présenté comme l’innovation financière la plus inclusive du continent, le mobile money continue d’afficher une santé croissante. En 2025, près de 1 432 milliards de dollars américains ont transité par les comptes de mobile money en Afrique, soit une hausse d’environ 27 % par rapport à 2024, selon le rapport « The State of the Industry Report on Mobile Money 2026 », publié mardi 24 mars par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA).

Le continent a concentré près de 66 % de la valeur financière mondiale des transactions par mobile money affichée à 2 091 milliards de dollars (+23 % sur un an).  Sur un total mondial de 125 milliards de transactions par mobile money, l’Afrique a représenté environ 74 %. Soit près de 92 milliards d’opérations (+16 % par rapport à 2024)

Par ailleurs, le rapport souligne que l’Afrique abrite 52 % des comptes de mobile money dans le monde. Fin 2025, on y dénombrait ainsi environ 1,2 milliard de comptes (+18 % par rapport à 2024) pour 347 millions de comptes actifs mensuels, sur un total mondial d’environ 2,3 milliards (+13 %) pour 593 millions de comptes actifs sur 30 jours. Le continent reste donc l’épicentre de cette finance sur mobile. Mais ce succès masque une contradiction de plus en plus visible : le service progresse vite mais sa pleine appropriation par les populations et son impact véritable sur elles restent entravés.

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Les freins à l’inclusion

Le premier frein est matériel. La Banque mondiale relève que 84 % des adultes des pays en développement possèdent bien un téléphone, mais qu’environ un quart d’entre eux utilisent encore un téléphone basique, « plus abordable, aux fonctionnalités réduites et sans navigateur internet. Seuls deux tiers des adultes possèdent donc un smartphone complet permettant l'accès aux applications et navigateurs ». En Afrique subsaharienne, ce taux tombe à 33 %. Or, dans cette région comme en Asie du Sud, la raison la plus souvent invoquée par ceux qui n’ont pas de smartphone reste son prix. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne elle aussi que, sur le continent africain, l’un des principaux obstacles à l’adoption des services numériques demeure l’accessibilité financière — en particulier celle des terminaux.

Le deuxième frein est cognitif. Le rapport 2026 de la GSMA sur le mobile money est explicite : une faible culture financière numérique demeure un obstacle majeur à l’adoption et à l’usage du service. Dans les pays africains sondés où les blocages restent visibles, les chiffres sont parlants. En Éthiopie, parmi les personnes qui connaissent le mobile money mais n’ont pas de compte, 60 % des femmes et 54 % des hommes disent ne pas savoir utiliser le service ; 45 % des femmes et 50 % des hommes disent avoir du mal à utiliser le téléphone ou craignent de faire des erreurs. En Égypte, cette barrière touche 21 % des femmes et 15% des hommes ; au Nigeria, 22 % des femmes comme des hommes. À cela s’ajoute la contrainte d’équipement elle-même : en Éthiopie, 24 % des femmes interrogées citent l’absence de SIM ou de téléphone comme obstacle.

Au-delà, un service, un impact humain

Le paradoxe est là : le mobile money s’est d’abord imposé grâce aux téléphones les plus basiques. Mais aujourd’hui, sa nouvelle frontière exige davantage qu’un simple mobile. Les usages sont désormais nombreux et les fournisseurs de services s’appuient désormais davantage sur les super-applications que sur les codes USSD pour offrir plus de valeur : paiement de factures, réception d’aides sociales gouvernementales, micro-assurance, micro-crédit, micro-épargne, etc. Les plus dynamiques sont désormais les paiements marchands, en hausse de 42 % à 155 milliards de dollars en 2025, ainsi que les transferts interopérables entre banques et portefeuilles mobiles (167 milliards $). Autrement dit, le secteur ne se limite plus au simple transfert d’argent entre proches comme à ses débuts ; il progresse dans une phase plus sophistiquée, où l’utilisateur doit savoir naviguer entre interfaces, options, codes QR, cartes virtuelles, sécurité et preuves de transaction. Sans terminal adapté ni aisance numérique minimale, une partie des Africains risque de rester cantonnée aux usages les plus élémentaires, pendant que l’écosystème avance vers des services plus complexes.

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Cette fracture a aussi un visage social et genré. Sans téléphones adaptés et sans compétences numériques de base, ce sont des millions d’Africains qui demeurent en marge des possibilités offertes par le Mobile Money. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, GSMA estime que les femmes restent 14 % moins susceptibles que les hommes d’utiliser l’internet mobile, laissant 885 millions de femmes encore déconnectées dont environ 60 % vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Le risque qu’entretient cette situation est celui d’une inclusion financière à deux vitesses, inégalement maîtrisée dans les faits.

Pour libérer le potentiel du mobile money en Afrique, la réponse ne peut donc pas être seulement commerciale. Elle doit être industrielle, éducative et réglementaire. L’UIT plaide pour des smartphones d’entrée de gamme moins chers, des achats facilités par microcrédit ou paiement échelonné, une baisse du coût des téléphones et de la data, ainsi que l’intégration des compétences numériques de base dans les cursus et les programmes de formation. Le rapport de la GSMA va dans le même sens : il insiste sur la nécessité d’initiatives de culture financière numérique ciblant les femmes, les ruraux et les personnes âgées. La Banque mondiale, enfin, rappelle que le coût, la facilité d’usage et la sécurité doivent être traités ensemble. Le vrai défi africain n’est donc plus de prouver que le mobile money fonctionne ; il est de faire en sorte que chacun puisse réellement s’en servir.

Muriel Edjo

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WhatsApp déploie de nouvelles fonctions pour simplifier l’usage de l’application. Les utilisateurs peuvent mieux gérer le stockage, transférer leurs discussions entre iOS et Android, et utiliser deux comptes sur un même iPhone. Des suggestions de stickers, des outils d’édition de photos et une aide à la rédaction assistée par intelligence artificielle complètent cette mise à jour, déployée progressivement dans le monde.

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BFA Global et FSD Africa ont annoncé le vendredi 27 mars l’accord de 273 000 dollars et un accompagnement renforcé à quatre jeunes entreprises d’Afrique de l’Est issues du programme Triggering Exponential Climate Action (TECA). Ces structures développent des solutions pour l’énergie propre, la chaîne du froid et l’accès aux marchés du carbone, avec l’objectif d’aider les communautés vulnérables à mieux faire face aux effets du changement climatique et à franchir un cap vers la viabilité commerciale.

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La fintech sud-africaine PayJustNow déploie sa solution de paiement en trois mensualités sans intérêt dans l’ensemble du réseau de magasins du groupe The Foschini Group (TFG), soit plus de 3500 points de vente et une vingtaine de marques. Les clients peuvent ainsi étaler le règlement de leurs achats, avec la possibilité, dans certains cas, d’opter pour des plans plus longs allant jusqu’à douze mois avec intérêts.

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Google étend son mode de recherche en direct à plus de 200 pays et territoires, permettant de dialoguer avec la recherche à la voix ou via la caméra. Les utilisateurs peuvent poser des questions oralement, montrer un objet ou une scène en temps réel et obtenir des réponses parlées, complétées par des liens utiles. Cette expérience, disponible dans de nombreuses langues, vise à rendre la recherche plus pratique au quotidien.

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Le concours FINCA Ventures Prize soutient des jeunes entreprises africaines à but lucratif, dirigées par au moins un fondateur africain et déjà génératrices de revenus. Elles doivent opérer en Afrique subsaharienne et agir dans la fintech pour l’inclusion financière ou l’agriculture durable. Les finalistes peuvent obtenir jusqu’à 100 000 dollars de subvention. Candidatures ouvertes ici jusqu’au vendredi 10 avril.

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  • PayBox Global provides payment and financial management tools for individuals and businesses across Africa.

  • The platform offers mobile banking, invoicing, and payment solutions tailored to SMEs and freelancers.

  • Founder Philip Boye-Doku aims to improve financial access and efficiency through integrated digital services.

Philip Boye-Doku is positioning technology to streamline payments and improve financial management across Africa. He co-founded and leads PayBox Global, a platform designed to serve both individuals and businesses.

The company launched in 2021 and offers a suite of tools that simplify daily financial operations. The platform adopts an intuitive approach and targets a broad user base, including consumers and professionals.

PayBox Global offers PayBox Buddy as one of its flagship products. The mobile application allows users to send and receive money while tracking their finances in real time.

The app provides a free bank account in Ghana. It also enables users to monitor spending, manage payments, and access real-time transaction insights.

The platform also targets freelancers, merchants, and small businesses with dedicated financial management tools. Users can create electronic invoices, generate payment links, and manage dedicated business accounts.

PayBox Global also provides mobile point-of-sale solutions for in-person transactions. These features aim to simplify cash flow management and accelerate payment collection.

Moreover, the platform enables the integration of financial services into third-party digital products. This capability facilitates cross-border payments and supports money transfers across multiple African markets.

Philip Boye-Doku graduated from Ashesi University with a Bachelor’s degree in Management Information Systems in 2013. He joined First Capital Plus in the same year as an application developer.

He later served as Management Information Systems Manager at Ashesi University from 2015 to 2020. He then transitioned into entrepreneurship and co-founded PayBox Global.

This article was initially published in French by Melchior Koba

Adapted in English by Ange J.A de Berry Quenum

Namibia has launched a startup accelerator in Windhoek to support the country’s startup ecosystem. Named Accelerate36, the initiative aims to help young companies scale, attract investment, and eventually list on the Namibia Stock Exchange’s SME board. Three local startups have already presented projects focused on education, healthcare, and digital skills.

Deel’s 2026 Pitch Startup Competition is now accepting applications from pre-seed, seed, and Series A startups. Selected startups will pitch at regional events, where up to 100 winners will receive $50,000 each and advance to the global final. The top ten finalists can secure up to $1 million in funding to accelerate their international growth.

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