Après l’industrie, il s’attaque à la modernisation des rencontres d’affaires en Algérie. En connectant organisateurs et exposants sur une interface unique, il transforme la collecte de données et le suivi des flux en leviers de performance stratégiques.
Cofondateur et directeur général de la start-up algérienne ScanEvent, El Bechir Mohamed Ahmed (photo) s’est donné pour mission de moderniser la gestion des rencontres professionnelles. Lancée en 2025, sa plateforme numérique centralise l’organisation et le suivi des salons, foires et conférences, remplaçant les processus manuels obsolètes par un écosystème fluide.
ScanEvent s’adresse à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur : organisateurs, entreprises, exposants et visiteurs. L’outil permet de transformer des événements souvent complexes en expériences interactives et facilement analysables grâce à plusieurs fonctionnalités clés.
La plateforme met notamment l’accent sur la gestion des inscriptions. Les organisateurs peuvent enregistrer les participants avant ou pendant l’événement et générer des badges numériques associés à des codes permettant d’identifier rapidement les visiteurs. La plateforme centralise également les informations liées aux participants, aux exposants et aux activités de l’événement depuis un tableau de bord unique.
ScanEvent propose aussi des outils destinés aux exposants et aux entreprises présentes sur les événements. Ceux-ci peuvent récupérer des contacts, suivre les échanges réalisés pendant les salons et accéder à des données permettant de mesurer les résultats de leur participation.
La plateforme intègre également des fonctions de communication. Les organisateurs peuvent envoyer des messages, des notifications et des informations directement aux participants ou aux exposants afin de maintenir le contact avant, pendant et après les événements.
Avant de se lancer dans la tech événementielle, El Bechir Mohamed Ahmed a fait ses premières armes dans le secteur productif en cofondant, en 2020, CMPE Groupe, une start-up spécialisée dans la production industrielle.
Il est diplômé de l’université des sciences et technologies Houari Boumedienne où il a obtenu en 2019 un master en génie mécanique. Il est aussi titulaire d’un master en entrepreneuriat, technologie et innovation obtenu en 2023 à FUTURIS Institute.
Melchior Koba
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Entre robotique et conseil international, il mise sur une pédagogie interactive pour préparer la jeunesse aux mutations de l’économie numérique. À travers sa start-up, il structure un parcours progressif visant à transformer les jeunes utilisateurs en créateurs de technologies.
Muhammad Gawish (photo) est un cofondateur et le directeur général de iSchool, une start-up de technologie éducative. Elle propose des cours en ligne destinés aux jeunes âgés de 6 à 18 ans, avec l’objectif de les préparer aux métiers technologiques de demain grâce à des formations pratiques et progressives.
Depuis sa création en 2018, iSchool se distingue par son approche pédagogique personnalisée. Le modèle repose sur des cours individuels en direct, permettant un accompagnement sur mesure, adapté au rythme de chaque élève. Grâce à un système de suivi intégré, les parents peuvent superviser en temps réel l’évolution des compétences de leurs enfants.
La force de la plateforme réside dans la diversité de ses disciplines : programmation, développement de jeux vidéo et d’applications mobiles, création de sites web, science des données ou encore intelligence artificielle. Pour maximiser l’engagement, la plateforme intègre des univers familiers comme Minecraft, transformant l’apprentissage de la logique informatique en une expérience interactive et ludique.
iSchool organise son programme selon les tranches d’âge et les niveaux scolaires. Chaque groupe suit un parcours d’apprentissage progressif adapté à ses capacités. Les plus jeunes découvrent les bases de la technologie et de la logique informatique, tandis que les plus âgés travaillent sur des projets plus avancés comme le développement d’applications, les jeux en trois dimensions ou les interfaces numériques.
Muhammad Gawish est titulaire d’un diplôme en génie électrique et télécommunications obtenu en 2018 à l’université du Caire. Parallèlement à la direction de iSchool, il est consultant en technologies éducatives en freelance sur Freelancer.com. Il est aussi le coordonnateur du programme international pour les activités de sumo robotique de Fujisoft Incorporated, un fournisseur de solutions informatiques au Japon.
Il a commencé sa carrière professionnelle en 2015 comme responsable en recherche et développement en stage chez AmpereRobotics. En 2017, il a fait un stage de business developer chez The Coca-Cola Company aux États-Unis. En 2019, il rejoint xTool Education (anciennement Makeblock), une entreprise qui propose des solutions edtech, comme consultant en éducation STEAM (science, technologie, ingénierie, art et mathématiques).
En 2015, Muhammad Gawish a remporté la deuxième place au concours NOOR IoT lors du salon Cairo ICT.
Melchior Koba
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Loin des méthodes de gestion traditionnelles, il mise sur l’interconnexion totale des sites de production. Sa plateforme centralise l'intelligence des machines pour traquer les anomalies en temps réel, imposant un nouveau standard de précision dans le secteur manufacturier africain.
Entrepreneur en série sud-africain, Daniel Schwartzkopff (photo) est cofondateur et directeur général de DataProphet. Spécialisée dans l’intelligence industrielle, l’entreprise transforme les données de production en leviers de performance pour le secteur manufacturier.
Fondée en 2014 comme un cabinet de conseil, DataProphet a pivoté pour développer ses propres solutions technologiques. Sa mission est de permettre aux usines de décrypter leur fonctionnement quotidien afin d'éliminer les pertes, les défauts de fabrication et les goulots d'étranglement. En centralisant les informations issues des équipements, la société fournit des outils d'aide à la décision stratégiques pour les opérateurs, les ingénieurs et les gestionnaires de production.
L’entreprise réalise d’abord des évaluations pour mesurer la capacité d’une usine à exploiter ses données. Elle aide ensuite à améliorer la qualité des informations collectées, à regrouper les données provenant de plusieurs équipements et à suivre les performances des lignes de production en temps réel. Elle fournit également des outils de visualisation permettant aux fabricants de mieux surveiller leurs opérations et de détecter rapidement les anomalies.
L’un des produits phares de l’entreprise est DataProphet Connect, une plateforme conçue pour rassembler les données industrielles provenant de différents sites de production au sein d’un même espace. Cette plateforme permet aux équipes industrielles de consulter leurs informations, de créer des tableaux de bord, de recevoir des alertes et d’analyser les performances de leurs équipements.
Diplômé de l’université du Cap où il a obtenu en 2010 un bachelor en ingénierie chimique, Daniel Schwartzkopff n’en est pas à son premier coup d’essai. Dès 2010, il lance FSMS, une startup de services mobiles gratuits. En 2014, il fonde BetVIP, premier site de paris en ligne en bitcoins, qu'il dirige jusqu'en 2015, avant de se consacrer pleinement à l’ascension de DataProphet.
Melchior Koba
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Il propose une infrastructure numérique dédiée à la souveraineté nutritionnelle. En indexant les spécificités des cuisines locales, il transforme les habitudes alimentaires en données exploitables pour améliorer la santé publique sur le continent.
Gilbert Mbeh (photo) est un entrepreneur technologique camerounais. Il est le fondateur et directeur technique de PushNcare, une plateforme numérique dédiée à la nutrition et au bien-être, lancée en 2024.
PushNcare se distingue par sa volonté de concilier santé et traditions. La plateforme met à disposition des utilisateurs des outils d’analyse nutritionnelle spécifiquement adaptés aux habitudes alimentaires du continent. En reliant patients et nutritionnistes, elle rend les conseils de santé plus accessibles et, surtout, plus proches des réalités culturelles africaines.
Le cœur technologique de PushNcare repose sur une base de données colossale de plus de 60 000 plats et ingrédients africains analysés. Des classiques tels que le riz jollof ou le fufu y sont répertoriés pour permettre aux utilisateurs de comprendre précisément leur apport en calories, sucre, sodium, ainsi que leur impact glycémique. L’ambition est claire : offrir une gestion alimentaire personnalisée à partir des repas du quotidien.
Pour simplifier l’expérience utilisateur, la plateforme intègre un système d’analyse intelligent capable de traiter une simple photo ou une description textuelle d’un repas. La plateforme génère alors un bilan nutritionnel détaillé et propose des recommandations ciblées selon des objectifs variés : perte de poids, contrôle glycémique, santé digestive, énergie, nutrition sportive, grossesse, santé cardiaque ou encore régimes faibles en sucre et en sodium.
Au-delà de son expertise en santé numérique, Gilbert Mbeh est coordinateur de programme au sein de la Digital Transformation Initiative for Municipalities in Africa (DTIMA). Cet événement annuel majeur réunit maires, investisseurs et décideurs pour accélérer la transition numérique des villes africaines.
Son parcours d’entrepreneur a véritablement pris son essor en 2019 avec la création d’AbegYa, une société de conseil et de services informatiques. Cependant, il a commencé sa carrière professionnelle en 2008 chez Ecolog International, un prestataire de services intégrés et de solutions d’intervention rapide, en tant que technicien en réseaux. Entre 2010 et 2019, il était le président du conseil d’administration d’EDUCAF, une communauté engagée dans le soutien à l’éducation en Afrique.
Melchior Koba
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Il mise sur l’ancrage territorial pour imposer ses solutions de cybersécurité et d’hébergement. En pilotant la transition numérique de centaines de structures, il s’impose comme l’architecte d’une infrastructure technologique pensée par et pour le continent.
Le Camerounais Anthony Same (photo) est le fondateur et directeur général de ST Digital, une entreprise panafricaine spécialisée dans l’accompagnement des organisations dans leur transformation numérique. Présente dans plusieurs pays africains, notamment au Cameroun, au Gabon, au Congo et en Côte d’Ivoire, elle ambitionne de devenir un acteur majeur des services numériques et du cloud en Afrique.
Fondée en 2017, ST Digital propose une offre de services complète destinée aussi bien aux entreprises privées qu’aux institutions publiques. Son activité couvre le conseil en transformation numérique, l’hébergement d’infrastructures et d’applications, la cybersécurité, les solutions métiers, le travail collaboratif, ainsi que la formation des équipes. L’objectif est d’aider les organisations à moderniser leurs outils de travail, améliorer leur productivité et sécuriser leurs données.
L’entreprise met particulièrement en avant son offre de cloud africain. Elle développe des services hébergés dans des centres de données situés en Afrique afin de proposer des solutions locales et sécurisées adaptées aux réalités du continent. Cette approche vise à permettre aux entreprises africaines d’accéder à des services numériques modernes tout en conservant leurs données sur le continent.
ST Digital accompagne également ses clients dans la gestion et l’optimisation de leurs infrastructures informatiques. Elle propose des services d’hébergement, de sauvegarde de données, de sécurité informatique et de continuité d’activité. Elle aide les organisations à protéger leurs systèmes, leurs réseaux et leurs données contre les risques numériques. L’entreprise a déjà accompagné plus de 500 clients et compte trois datacenters certifiés.
Anthony Same est diplômé de la KEDGE Business School en France où il a obtenu en 2003 un master en finance. Il est titulaire d’un diplôme de troisième cycle en gestion des technologies de l’information obtenu en 2005 à l’ESSEC Business School.
Sa trajectoire professionnelle témoigne d’une maîtrise profonde de l’écosystème numérique mondial. Après des débuts chez Toshiba en 2001, il affine son expertise en conseil chez IBM, avant d’intégrer Microsoft en tant que responsable de compte partenaire en 2006. Entre 2011 et 2015, il franchit une étape chez l’éditeur de logiciels SAP, où il occupe successivement les postes de gestionnaire de canaux et de responsable du pôle Afrique centrale, consolidant ainsi sa vision stratégique du marché africain avant de lancer l’aventure ST Digital.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que la réactivité numérique devient un impératif commercial, de nouvelles solutions d'automatisation redessinent les interactions entre les marques et leurs publics. Au cœur de cette mutation, cet innovateur kényan propose une approche technique pour structurer les flux de communication.
Sila Kironji (photo) est un entrepreneur kényan et un expert en intelligence artificielle. Il est cofondateur et directeur général d’Intelli, une plateforme numérique spécialisée dans la gestion de la relation client.
Fondée en 2024, Intelli permet aux entreprises de centraliser leurs interactions clients via une interface unique regroupant plusieurs canaux : WhatsApp, Facebook, Instagram, Messenger, courriels et sites web. L’objectif est triple : accélérer les temps de réponse, automatiser les tâches répétitives et rehausser la qualité globale du service client.
La plateforme fonctionne autour d’un assistant intelligent capable de dialoguer avec les clients de manière automatique. Les entreprises peuvent créer cet assistant sans connaissances techniques particulières grâce à un système visuel simplifié. Elles peuvent aussi lui apprendre à répondre aux questions en important leurs documents, leurs foires aux questions ou encore leurs informations internes. Une fois configuré, l’assistant peut être déployé sur différents canaux de communication afin de répondre aux utilisateurs de manière cohérente et continue.
Si Intelli mise fortement sur l'intégration de WhatsApp et propose un système de messagerie en direct pour les sites web, la plateforme n'exclut pas l'humain. Dès qu'une requête dépasse les capacités de l’automate, un agent peut reprendre la main instantanément. Cette approche hybride garantit une réactivité maximale sans sacrifier la pertinence des échanges complexes.
Par ailleurs, la plateforme intègre des outils d'analyse avancés. Les entreprises peuvent ainsi suivre leurs indicateurs de performance (volume de messages, pics d’activité, engagement client et efficacité des agents) afin d'optimiser continuellement leur stratégie de support.
L'engagement de Sila Kironji dans l'écosystème technologique ne s'arrête pas à Intelli. En 2023, il a également cofondé Hotspot Aerial Solutions, une structure exploitant la donnée et l'IA pour créer des solutions sectorielles sur mesure. Expert reconnu, il est membre de l’OpenAI Community Forum, une communauté favorisant le mentorat entre professionnels de l’IA et étudiants.
Il est diplômé de la Kenya Aeronautical College où il a obtenu un bachelor en génie aéronautique. Il est aussi titulaire d’un bachelor en génie aéronautique obtenu à la Shenyang Aerospace University (Chine).
Après plusieurs stages, Sila Kironji rejoint Skymax Aviation en 2019 comme technicien aéronautique. Entre 2020 et 2023, il travaille à Kenya Flying Labs où il occupe successivement les postes d’ingénieur en développement de drones et de responsable technologique.
Melchior Koba
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Le développement économique régional dépend de la capacité des entrepreneurs à mobiliser des ressources sans dépendre exclusivement des institutions classiques. Ce Kényan propose une solution qui vise à fluidifier les échanges de valeur.
Entrepreneur visionnaire de la fintech kényane, Felix Sifuna (photo) est cofondateur et directeur général de PEMiG, une entreprise innovante dédiée aux services financiers numériques.
Fondée en 2022 avec Philip Amwata, Priya Maharaj et Lilian Kariba, PEMiG se donne pour mission de briser les barrières à l'entrepreneuriat en facilitant l'accès au financement pour les petites entreprises et les particuliers souvent exclus du système bancaire classique.
Pour pallier l’absence d’historique bancaire, la plateforme a développé un système d'évaluation alternatif : le Causal Credit Scoring Engine. Au lieu de s'appuyer uniquement sur les critères traditionnels, il analyse le comportement financier et les réseaux sociaux des utilisateurs pour déterminer leur solvabilité. Cette approche inclusive permet à davantage d’entrepreneurs de soutenir la croissance économique du continent.
Au-delà du crédit, PEMiG propose une plateforme d’investissement stratégique. Le concept est simple : transformer les prêts accordés aux entreprises en actifs numériques. Ce mécanisme permet aux investisseurs de diversifier leur portefeuille tout en finançant directement des activités économiques locales, avec des perspectives de rendements liés aux remboursements des prêts. En démocratisant ainsi l'investissement, la société entend stimuler la création d'emplois et le développement économique régional.
Parallèlement à ses fonctions chez PEMiG, Felix Sifuna est Senior Venture Scout chez LvlUp Ventures, un fonds de capital-risque international spécialisé dans l'accompagnement des start-up en phase de démarrage. Il est également directeur général de FINECO, une structure de conseil stratégique qui accompagne les entreprises dans leur transformation numérique.
Il est diplômé de la Meru University of Science and Technology au Kenya où il a obtenu un Bachelor en médecine clinique. Il est aussi titulaire d’un certificat en administration des affaires obtenu à la Harvard Business School Online.
Melchior Koba
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Les pays africains misent sur l’intégration des TIC pour assurer le développement socio-économique. Cette transformation touche à tous les secteurs, dont l’éducation.
L’Université du Burundi s’est dotée d’une Unité d’appui à l’enseignement numérique. Annoncée la semaine dernière, l’initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique de l’enseignement supérieur dans le pays.
Selon la décision rectorale établissant l’unité, celle-ci a pour mission de développer et renforcer l’enseignement numérique dans toutes les facultés et instituts de l’université. Elle devra également initier et accompagner efficacement les projets et programmes visant l’intégration des technologies numériques afin d’améliorer la qualité de l’enseignement. L’unité sera aussi chargée de promouvoir la réflexion, la recherche et les partenariats dans le domaine des technologies éducatives.
Pour assurer la mise en œuvre du dispositif, des points focaux ont été désignés dans l’ensemble des facultés et instituts. Leur rôle consistera principalement à accompagner les enseignants dans l’adoption des pratiques pédagogiques numériques, à identifier les besoins en formation et en ressources. Ils devront aussi suivre les nouvelles perspectives offertes par les technologies éducatives et contribuer au développement d’une culture du numérique au sein de l’enseignement supérieur.
Cette initiative intervient alors que les autorités burundaises veulent digitaliser l’enseignement supérieur, à l’instar de nombreux pays africains. L’intégration des TIC dans les processus d’enseignement-apprentissage est perçue comme un moyen d’améliorer l’accès aux ressources pédagogiques, de moderniser les méthodes d’enseignement et de renforcer les compétences numériques des étudiants et des enseignants.
Le Burundi accuse toutefois un retard dans ce domaine. Richard Ndayishimiye, doyen de l’Institut Supérieur de Commerce (ISCO) à l’Université du Burundi et expert en transformation numérique de l’enseignement supérieur, l’a souligné en janvier dernier lors du 8e colloque de AUPTIC à Lausanne, en Suisse. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la fracture numérique, au faible accès aux infrastructures de connexion et d’énergie, ainsi qu’au besoin de renforcement des compétences numériques au sein de la communauté universitaire.
Au niveau des pratiques, une enquête citée indique que seulement 19,69 % des étudiants suivent régulièrement un enseignement numérique, alors que 49,32 % des enseignants déclarent organiser des cours numériques. Par ailleurs, 82,7 % des étudiants expriment des besoins en formation, contre 93,5 % des enseignants.
Concernant la fracture numérique, les étudiants disposent d’équipements limités : seul un étudiant sur cinq possède un ordinateur. Les smartphones sont plus répandus, mais souvent incompatibles avec certaines applications pédagogiques. Les campus disposent également de peu, voire pas, d’espaces de travail équipés.
Malgré ces contraintes, un fort appétit pour le numérique se dégage au sein de la communauté universitaire. Selon l’enquête, 85,04 % des étudiants se disent favorables au développement du numérique, contre 96,1 % des enseignants.
Isaac K. Kassouwi
La modernisation des outils financiers devient un enjeu clé pour les entreprises en Afrique de l’Ouest. Face à des pratiques encore dispersées, de nouvelles dynamiques s’installent pour améliorer la gestion et la lisibilité des flux financiers.
Lova Diakité (photo) est un entrepreneur technologique originaire du Mali et basé en Côte d’Ivoire. Il est le fondateur et directeur général de Joonapay, une plateforme financière destinée aux entreprises d’Afrique de l’Ouest francophone.
Fondée en 2023, Joonapay propose une suite d’outils intégrés dans une interface unique, conçue pour simplifier la gestion des opérations financières quotidiennes des entreprises. La solution s’adresse aussi bien aux petites et moyennes entreprises qu’aux grandes directions financières opérant dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
La plateforme centralise plusieurs services financiers. Elle permet notamment de créer et d’envoyer des factures, de recevoir des paiements, de régler des fournisseurs, de suivre les dépenses, de gérer la trésorerie et d’effectuer des rapprochements financiers. Elle prend également en charge divers moyens de paiement, dont les virements bancaires, les cartes bancaires et les services de mobile money.
Joonapay met un accent particulier sur l’automatisation et la simplification des tâches financières, encore largement réalisées manuellement dans de nombreuses entreprises. Elle intègre également des fonctionnalités dédiées au suivi des dépenses professionnelles, permettant aux équipes de contrôler les dépenses en temps réel, de gérer les processus de validation interne et de centraliser les justificatifs. L’entreprise prévoit par ailleurs le déploiement de cartes professionnelles, virtuelles et physiques, destinées aux dépenses des collaborateurs.
Lova Diakité est diplômé de la West Chester University of Pennsylvania, aux États-Unis, où il a obtenu une licence en économie. Il commence sa carrière professionnelle en 2015 au sein du service d’assistance informatique de son université.
En 2018, il rejoint Edu-Tech Academic Solutions, une entreprise américaine spécialisée dans le conseil pédagogique et l’assistance technique, en tant qu’ingénieur support. En 2020, il devient administrateur systèmes et réseaux à The Baldwin School. En 2023, il est recruté comme spécialiste informatique chez Hinge Health, une entreprise américaine de healthtech. Lova Diakité est ensuite embauché chez Camunda, une société allemande spécialisée dans l’automatisation des processus d’entreprise, où il occupe le poste d’ingénieur systèmes.
Melchior Koba
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À mesure que les enjeux liés à l’accès, à la fiabilité et à la gestion des données s’intensifient, les solutions numériques s’imposent comme des réponses de plus en plus crédibles. Cet entrepreneur propose des outils adaptés aux réalités locales.
Ousmane Ndiaye (photo) est un informaticien et entrepreneur technologique sénégalais. Il est le fondateur et directeur général de SeneCard, une entreprise spécialisée dans les solutions numériques appliquées à la santé, à l’éducation et à la gestion des données personnelles et professionnelles.
Fondée en 2024, SeneCard conçoit des cartes intelligentes et des plateformes numériques destinées à simplifier l’accès aux informations, améliorer les services administratifs et moderniser le suivi des utilisateurs. L’entreprise concentre ses activités sur la santé numérique.
Dans ce domaine, l’entreprise propose des cartes de santé électroniques permettant un accès rapide aux informations médicales des patients grâce à des technologies telles que les QR codes et les puces sans contact. Ces cartes donnent accès aux dossiers médicaux, aux traitements en cours, aux allergies ainsi qu’à d’autres données essentielles, notamment en situation d’urgence. Les informations peuvent être mises à jour en temps réel, sans nécessité de remplacer la carte.
SeneCard développe également des dossiers médicaux personnalisés, adaptés aux besoins spécifiques des patients, et accompagne la digitalisation des mutuelles de santé ainsi que des instituts de prévoyance maladie. Dans le secteur de l’éducation, SeneCard propose des cartes scolaires intelligentes intégrant des fonctionnalités d’identification, de suivi académique et d’accès aux services des établissements. Ces cartes permettent notamment de gérer la présence, consulter les notes, accéder aux emplois du temps et utiliser des services tels que la bibliothèque ou la cantine.
Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, Ousmane Ndiaye exerce comme développeur principal chez Delivair, une entreprise française qui met en relation des voyageurs disposant d’espace libre dans leurs bagages avec des particuliers souhaitant expédier des colis. Il est également développeur full stack chez INSOFT et formateur à l’Institut supérieur d’informatique.
Diplômé de l’Institut supérieur d’informatique de Dakar, il y obtient en 2025 un master en génie logiciel. Il est également titulaire d’un master en anglais obtenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il commence sa carrière professionnelle en 2020 en tant que stagiaire en développement web au Centre national de recherches agronomiques.
Entre 2021 et 2025, il occupe des postes de développeur dans plusieurs entreprises, notamment Sirel976 Production, spécialisée en informatique et production audiovisuelle, SESA Technologies, ainsi qu’Obertys, un cabinet de conseil intervenant dans les secteurs de la banque et de la technologie.
Melchior Koba
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