Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’impose dans de nombreux secteurs, transformant profondément les méthodes de travail. Pour accompagner les créateurs de contenu en Afrique, une multinationale américaine vient d’annoncer une initiative dédiée.
Google et l'Akuna Group, le groupe créatif de l'acteur et entrepreneur britannico-sierra-léonais Idris Elba (photo), ont annoncé, mercredi 1er juillet, un programme commun de formation à l'intelligence artificielle destiné aux créateurs de contenu d'Afrique subsaharienne. L’annonce a été faite en marge du premier Google Cloud Summit africain, à Johannesburg, en Afrique du Sud.
L'initiative, dotée de plus d'un million de dollars, vise à former environ 100 000 créateurs issus de milieux sous-représentés au Nigeria, au Ghana, au Kenya, en Sierra Leone et en Afrique du Sud. Le programme donnera accès à l'assistant d'IA Gemini de Google ainsi qu'à d'autres outils numériques de production, avec pour objectif de réduire les coûts de création de contenu et d'aider les créateurs africains à rivaliser sur les marchés mondiaux.
« L'Afrique regorge d'histoires non racontées. Nous avons des créateurs avec un talent brut, des voix uniques et des perspectives que le monde a désespérément besoin d'entendre. Mais trop souvent, la barrière n'est pas un manque de vision, c'est un manque d'accès », a déclaré Idris Elba par visioconférence lors du sommet.
James Manyika, vice-président senior de Google en charge de la recherche et de la technologie, a précisé la logique de l'initiative : « nous pensons à tous ces créatifs qui n'ont pas accès aux énormes budgets des grands studios. L'IA est potentiellement un outil qui peut leur permettre de faire un travail qu'ils ne pourraient pas faire autrement ».
L'initiative s'inscrit dans un ensemble d'annonces faites lors du sommet de Johannesburg, parmi lesquelles figurent l'ouverture d'un laboratoire d'IA appliquée au Ghana et d'un centre de connectivité en Afrique du Sud. Les modalités de sélection des bénéficiaires ainsi que le calendrier de déploiement du programme n'ont pas encore été précisés.
Un secteur sous-exploité malgré un potentiel documenté
Selon une étude publiée en février 2025 par l'Agence française de développement (AFD), en collaboration avec le cabinet BearingPoint, les industries culturelles et créatives (ICC) génèrent en moyenne 45,3 milliards de dollars de revenus annuels en Afrique. Elle identifie la formalisation des emplois créatifs, encore largement concentrés dans le secteur informel, comme l'un des principaux leviers pour libérer ce potentiel.
Cependant, le secteur doit relever d’importants défis sur le continent. Au Nigeria, l’un des principaux marchés des ICC en Afrique, les créateurs sont confrontés à un approvisionnement électrique peu fiable et à une faible connectivité, selon un rapport de NECLive publié le 29 juin 2026. Ces deux obstacles constituent les principales contraintes opérationnelles, auxquelles s’ajoutent les difficultés d’accès aux équipements de production et les contraintes de financement. Des freins que les outils d’IA en ligne ne suffisent pas, à eux seuls, à lever.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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