La transformation numérique s’accélère en Afrique, où elle est considérée comme un levier majeur de développement socio‑économique, mais elle s’accompagne de nouveaux risques.
Le fournisseur de solutions de paiement américain Mastercard prévoit de mettre en place un centre d’excellence en cybersécurité en Afrique. Cette initiative vise à renforcer la cyberrésilience du continent face à la montée des menaces liées à l’accélération de la transformation numérique.
Selon un communiqué de Mastercard publié lundi 29 juin, l’entreprise précise que le centre réunira institutions financières, organisations publiques et entreprises afin de partager des renseignements, améliorer la préparation, anticiper plus tôt les menaces et renforcer durablement la résilience des systèmes. Son déploiement progressif débutera en 2026 par l’Afrique du Sud et le Nigeria.
« Alors que le Nigeria approfondit sa transformation numérique, des systèmes sécurisés et fiables seront essentiels à l’inclusion et à la croissance. Nous accueillons favorablement les collaborations qui renforcent notre économie numérique et construisent une résilience pour l’avenir », a déclaré le président nigérian Bola Ahmed Tinubu.
Cette initiative intervient dans un contexte où les pays africains intensifient leurs efforts pour renforcer leur cybersécurité, à travers des stratégies nationales, la mise en place de centres de réponse aux incidents et le développement de partenariats, entre autres. La sécurité du cyberespace est désormais perçue comme un levier essentiel pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par la transformation numérique.
Dans un rapport publié en juin 2025, Interpol souligne que les cyberattaques se sont intensifiées sur le continent, dans un environnement marqué par une connectivité croissante et l’adoption rapide de technologies telles que la banque mobile et le commerce en ligne. L’organisation estime qu’entre 2019 et 2025, les incidents de cybersécurité en Afrique ont généré plus de 3 milliards de dollars de pertes financières.
Interpol ajoute que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme principal vecteur, en utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».
Isaac K. Kassouwi
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