Le 18 mars 2022, le Togo est devenu le premier pays africain à accueillir Equiano sur ses côtes. Prévu pour être opérationnel d’ici la fin de l’année, il s’agit du premier câble sous-marin de fibre optique de Google dédié au continent. Tout un symbole pour le pays d’Afrique de l’Ouest qui cherche depuis quelques années à devenir un hub technologique majeur et porter la contribution du numérique à 10 % du PIB. De fait, l’arrivée d’Equiano devrait impulser une nouvelle dynamique aux efforts du gouvernement togolais vers l’atteinte de cet objectif.

De grandes ambitions

C’est au Port de Lomé que le président togolais a participé mi-mars à la cérémonie officielle de raccordement de son pays au câble sous-marin Equiano de Google. Pour Faure Gnassingbé, cette infrastructure reliant l’Europe à l’Afrique devrait « transformer durablement le paysage numérique » du Togo. Dans le détail, le gouvernement togolais s’attend aussi bien à une amélioration de la qualité de la connexion Internet que de son coût. Equiano dispose en effet d’une bande passante qui surpasse 20 fois celle de tous les autres câbles sous-marins de la zone et d’après Google, il élargira non seulement le nombre d’utilisateurs d’Internet au Togo, mais permettra également de doubler en trois ans le débit Internet auquel ont accès la plupart des Togolais.

À titre d’exemple, le raccordement en 2012 du West Africa Cable System (WACS), premier câble sous-marin relié au Togo, a permis de passer d’un taux de pénétration d’Internet d’environ 5 % il y a dix ans, à 26 % en janvier 2022, soit 2,23 millions d’utilisateurs d’après les données de Data Reportal. Si cela représente une progression de 420 % en une décennie, c’est au cours des cinq dernières années que la croissance a été la plus forte. Cette progression s’est également suivie d’une amélioration de la qualité de la connectivité, portée par l’internet fixe avec la fibre optique à domicile (FTTH) de Togocom et de GVA (Canalbox).

D’ici 2025, le géant américain table sur une vitesse de 21 Mbps en moyenne, contre 10 Mbps en 2021, en plus d’une réduction de 14 % du prix de l’Internet au détail. Élément essentiel pour n’importe quel pays voulant développer son écosystème numérique, le haut débit en devenant plus abordable au Togo est censé soutenir la vision du gouvernement de devenir un hub digital régional. Lomé cherche ainsi à accélérer les efforts en ce sens et vient d’annoncer son intention de mobiliser 300 millions d’euros pour connecter les foyers togolais à la fibre optique, par le biais des lignes électriques.

« Avec ce nouveau câble sous-marin, nous serons en mesure de satisfaire aux exigences de la Feuille de route gouvernementale portant sur le renforcement du raccordement international au réseau mondial », assure la ministre togolaise de l’Économie numérique Cina Lawson.

Selon une étude commanditée par Google, l’arrivée d’Equiano devrait favoriser la création de 37 000 emplois à l’horizon 2025, grâce aux opportunités offertes par l’économie numérique. Là encore, le gouvernement voit grand et vise, selon la politique sectorielle du secteur du numérique, 400 milliards FCFA (environ 678 millions $) de chiffre d’affaires pour l’économie digitale, contre 187,5 milliards FCFA en 2016. 

Des succès notables depuis quelques années

Lorsque le gouvernement entre en contact avec Google en 2019 alors que le géant de l’Internet venait d’annoncer son projet Equiano, c’était fort de cette ambition numérique : faire du pays, jusque-là connecté à un seul câble, un hub numérique. Objectif en marche, d’autant que le Togo qui ne faisait pas partie du programme initial du géant de l’Internet, l'intègre rapidement et en devient 3 ans plus tard la première station d'atterrissage en Afrique. Ce “succès” est d’abord un coup d’accélérateur à sa stratégie digitale « Togo Digital 2025 » dont l’élaboration en cours est soutenue notamment par la Banque mondiale dans le cadre du WARCIP (West African Regional Communications Infrastructure Project). Projet qui aura permis la construction de nouvelles infrastructures notamment l’IXP (Point d’échange Internet) et le carrier Hotel, premier datacenter du pays.

Sur le plan de la modernisation de l’administration togolaise, la dématérialisation de plusieurs services publics est déjà en cours avec notamment la délivrance en ligne du casier judiciaire ou encore la numérisation des moyens de paiement au niveau des services publics. Le lancement en mai 2021 du Lomé Data Centre, s’inscrit aussi dans cette dynamique, car elle ambitionne de contribuer à garder les données personnelles des Togolais sous le contrôle souverain de l’Etat, “tout en offrant aux jeunes pousses technologiques déjà présentes, ou qui veulent s’installer dans le pays, une infrastructure de pointe à coût abordable”.

« Les Data Centres sont des structures incontournables et des centres de connectivité pour toute région, ou pays, qui souhaite se développer », confirme Attia Byll, la DG de la Société d’infrastructures numériques (SIN), la nouvelle entité publique, cheville ouvrière de l’ambition de Lomé dans le numérique. La société chargée de gérer les infrastructures télécoms publiques est détenue à 100% par l’Etat, et a déjà dans son giron plusieurs infrastructures dont le projet e-gouv qui fibre plus de 300 bâtiments de l’administration publique.

En septembre 2021, le gouvernement a annoncé la création de l’Agence Togo Digital. Son rôle sera principalement d’accompagner les divers services publics dans leur marche vers la digitalisation. Pour veiller à la protection de tout l’écosystème, un accent particulier est mis sur la cybersécurité, avec la création en 2019 de l’Agence nationale de la cybersécurité. La tenue au Togo, les 23 et 24 mars derniers, de la première édition du Sommet de la cybersécurité de Lomé, réunissant plusieurs pays africains, est venue rappeler l’ambition du pays de jouer, là aussi, les premiers rôles.

Si le cadre réglementaire et les ambitions sont donc affichés, Lomé reste toutefois confronté à plusieurs défis. Il s’agit notamment de l’amélioration du taux d’électrification qui, si elle a considérablement augmenté ces dernières années, reste cependant loin des objectifs. Réussir à démocratiser  davantage l’accès à Internet (la fibre optique à domicile coûte plus du tiers du salaire minimum) et étendre la pénétration aux zones rurales est une autre paire de manches.

La maîtresse d’œuvre Cina Lawson

Membre des gouvernements togolais successifs dès 2010, Cina Lawson a vu ses responsabilités croître depuis lors, gérant successivement et de façon cumulée le portefeuille des Postes, celui de l’Économie numérique et enfin celui de la Transformation digitale du Togo. À ce titre, la technocrate passée par la Banque mondiale et les groupes télécom Alcatel-Lucent et Orange s’est illustrée en supervisant avec succès chacune des avancées de son pays vers la quatrième révolution industrielle, à commencer par le projet e-Gouv devenu opérationnel en 2017. Il relie l’ensemble des bâtiments publics de la capitale togolaise ainsi que ceux de Kara par la fibre optique. Financé à hauteur de 15 milliards FCFA, il a favorisé l’opérationnalisation de plusieurs plateformes de services publics comme togo.gouv.tg ou service-public.gouv.tg. 

Depuis 2016, la ministre a aussi porté plusieurs initiatives notamment le projet AgriPME, ou plus récemment Novissi. Le projet AgriPME  a permis de prendre la mesure des avantages offerts par la technologie à l’agriculture, pilier de l’économie pour de nombreux pays africains. La plateforme a en effet offert aux agriculteurs togolais un moyen d’obtenir directement leurs subventions sur leur portefeuille électronique et d’effectuer en parallèle les achats d’engrais et autres intrants agricoles, via le Mobile Money. 

Avec Novissi, le gouvernement a apporté une aide financière aux populations défavorisées dans la période de la Covid-19 en s’appuyant sur le mobile Money et l’Intelligence artificielle. Les algorithmes de Machine learning ont permis de cibler les ménages les plus vulnérables. Le programme a d’ailleurs reçu il y a quelques semaines, une reconnaissance spéciale au dernier salon des innovations South by Southwest (SXSW) à Austin au Texas (USA).

Ainsi, pas à pas, Cina Lawson conduit la politique du gouvernement de Faure Gnassingbé en matière de transformation numérique au Togo.

Emiliano Tossou

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En 2020, le pays s’est doté d’un plan stratégique dont quelques fruits sont déjà visibles. Avec l’accélération de la transformation numérique induite par la crise de Covid-19, il devient urgent pour les autorités camerounaises de mieux répondre aux défis des domaines prioritaires.

La Société financière internationale (SFI) et la Banque mondiale ont organisé, mercredi 30 mars, un atelier sur la valorisation du secteur du numérique au Cameroun. Ce séminaire avait pour principal objectif de rassembler les principaux acteurs du numérique au Cameroun, et le gouvernement autour des problématiques liées au développement du secteur digital dans le pays.

La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng (photo), a expliqué que l’atelier qui regroupe les acteurs de l’écosystème numérique camerounais et les administrations publiques met un accent sur le niveau de développement actuel, les contraintes, les défis et les opportunités, ainsi que les programmes de soutien en cours, dans le but de proposer des pistes d’accélération du développement numérique du pays.

Selon le représentant régional Cemac de la SFI, Sylvain Kakou, « le digital est vraiment au cœur de la stratégie de développement du Cameroun. C’est ce qui explique, nous, notre stratégie à accompagner un développement du digital ; à aider le Cameroun à opérer cette transformation le plus rapidement possible ». Il s’agit donc, souligne-t-il, d’un brainstorming pour s’assurer que dans la définition de la stratégie il y a une cohésion et une consistance dans la manière dont les politiques sont formulées, et comment elles sont exécutées pour obtenir un maximum d’impact.

Le Cameroun s’est doté en 2020 d’un plan stratégique pour le développement de l’économie numérique dont l’objectif principal est d’en faire un pays digital. La Banque mondiale quant à elle, a approuvé le 28 septembre 2021, le financement d’un projet d’accélération de cette transformation au Cameroun.

D’un montant de 100 millions de dollars, ce projet vise entre autres, à travers trois composantes, à étendre la portée et la couverture des réseaux numériques à haut débit dans les zones rurales, à favoriser un environnement propice au développement sécurisé et résilient. Il s’agit également de favoriser la mise en œuvre des solutions axées sur les données « data-driven » dans le secteur agricole, afin de stimuler l’innovation dans un secteur économique stratégique et accroître l’utilisation de solutions numériques par les petits exploitants agricoles.

Au terme de cet atelier, un plan d'action numérique est attendu, avec des objectifs précis. La Banque mondiale qui réalise des investissements à destination des différents acteurs, à l’instar des nouveaux entrepreneurs, dans le développement du digital comme la fintech, s’attend à une stratégie nationale bien formulée, définissant les rôles spécifiques de ces acteurs. Le Cameroun pour sa part, assure la ministre, reste déterminé à coopérer pour la mise en œuvre des recommandations issues de cet atelier. 

Ruben Tchounyabe

Lire aussi : RD Congo : Kintambo teste l’identification numérique de sa population avec l’aide de la région de Bruxelles-Capitale

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Pour mettre en œuvre des politiques de développement efficaces, le gouvernement a besoin de données fiables sur sa population. A Kinshasa, les autorités voient dans les TIC un moyen efficace d’acquérir des données de qualité sur lesquelles baser leurs prévisions.

La commune de Kintambo, dans le nord-ouest de Kinshasa, va tester un projet de registre numérique de la population avec la région de Bruxelles-Capitale. Cela suppose une identification numérique préalable des habitants.

Le test qui sera financée par la coopération bruxelloise au développement, gérée par Brussels International, rentre dans le cadre de l’accord de coopération signé le lundi 21 mars à Kinshasa entre le ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoot (photo, à gauche) et le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka (photo, à droite).

Selon Corinne François, la directrice de l'Association de la ville et des communes de la région Bruxelles-Capitale (Brulocalis), un registre numérique contenant un enregistrement officiel de la population « n'est pas du tout anodin sur le plan démocratique ». Elle a souligné que « c'est à la base de tout, pensons aux élections par exemple. Sans registre, c'est la porte ouverte aux fraudes, à la comptabilisation de voix de personnes décédées. C'est aussi important pour savoir où construire une école, un hôpital, etc. »

C’est depuis 2008 que Kinshasa bénéficie de l’expertise des communes belges dans le renforcement des capacités locales en matière d'état civil et de population. Via le programme fédéral de « Coopération Internationale Communale » que coordonnent l'Association de la ville et des communes de la région Bruxelles-Capitale et l'Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) depuis 2017, six communes bruxelloises (Bruxelles-Ville, Ixelles, Uccle, Watermael-Boitsfort, Woluwe-St-Lambert, Saint-Gilles) et sept communes wallonnes (Court-St-Etienne, Flémalle, Herve, Namur, Olne, Waremme et Seraing) sont déjà partenaires avec une des 24 communes kinoises.

Si l'expérimentation du registre numérique de la population est concluante à Kintambo, le projet pourrait être étendu à d’autres communes du pays et même évoluer vers le niveau provincial. Avec une base de données sûre de sa population, le gouvernement congolais aura de précieux atouts pour penser le développement socioéconomique.

Muriel Edjo

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La transformation numérique est engagée en Égypte dès 2016. Elle s’est accélérée depuis 2020 et plusieurs services stratégiques de l’État ont déjà été touchés. Des nouveaux sont ciblés.

L’Égypte a pris la décision d’automatiser son système fiscal. Le ministère des Finances, dirigé par Mohamed Maait (photo), a confié cette tâche au fournisseur allemand de logiciels SAP et à la société technologique américaine International Business Machine (IBM), mercredi 9 mars. L’objectif de cette adoption du numérique est d’améliorer la gestion des déclarations fiscales et d’élargir l’assiette de recouvrement des taxes, droits et autres redevances dus à l’État par les citoyens et entreprises.

SAP, en partenariat avec IBM Consulting, va fournir à l’Égypte une solution intégrée basée sur le progiciel SAP® Tax and Revenue Management for Public Sector. Conçue pour doter le ministère des Finances d'une plateforme complète d'automatisation des opérations commerciales, cette plateforme l’aidera à rationaliser et à automatiser ses processus de gestion de manière intelligente, à renforcer la collaboration et à améliorer l'expérience des citoyens. Le système qui a déjà été testé avec succès dans 10 bureaux des impôts du Grand Caire sera étendu à l’ensemble du pays au cours de l'année.

Pour ce qui est d’IBM, elle mettra en œuvre sa solution IBM Cloud Pak for Business Automation, un outil conçu pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans les processus du ministère. Il offrira aux contribuables, aux agents des impôts et aux collecteurs un parcours fiscal automatisé plus fluide et bien gouverné, qui améliorera la précision des déclarations des contribuables, favorisera une meilleure compréhension du processus fiscal et permettra au ministère de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme la réduction de l'évasion fiscale et l'augmentation des recettes fiscales nationales.

Le projet de numérisation du système fiscal fait partie de la stratégie de développement Egypt Vision 2030 que le gouvernement a lancée depuis 2016. L’un de ses piliers forts est la modernisation des services publics. La transformation du système fiscal actuel fait également partie de la loi fiscale unifiée visant à maximiser les recettes publiques.

Le 22 février dernier, Ragab Mahrous, le porte-parole du ministère des Finances, soutenait que les impôts représentent 75 % des recettes de l’État égyptien. Assainir ce secteur est donc une tâche hautement stratégique pour l’État qui a dans son agenda plusieurs actions de développement à financer. 

Adoni Conrad Quenum

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Pendant longtemps, le manque d’informations actualisées sur les contribuables et la mauvaise gestion ont entravé la perception efficace des recettes communales par l’État. Sur instruction du président de la République, la technologie a été adoptée pour y remédier.

Soixante communes pilotes testeront la collecte numérisée des impôts au Burundi dès juillet. Le schéma final dudit projet a été validé jeudi 17 mars par les gouverneurs provinciaux, les inspecteurs provinciaux des recettes communales, les administrateurs des communes, au cours d’un atelier organisé par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Ce schéma final prévoit entre autres l’adaptation du cadre légal, le recensement de tous les contribuables accompagné de l’attribution du numéro d’identification du contribuable (NIC), l’acquisition du matériel informatique, le déploiement des solutions informatiques à utiliser, la connexion de toutes les communes au réseau électrique national et à Internet, la formation du personnel communal qui sera chargé de gérer au quotidien la collecte des recettes communales.

Niteretse Martin (photo), le secrétaire permanent du ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, en charge du domaine de l’intérieur et du développement communautaire, a justifié l’introduction du numérique dans la collecte des recettes communales par un souci d’efficacité. Il a souligné l’importance du numérique en tant que vecteur d’amélioration de la relation administration-citoyen, permettant de proposer une offre plus performante de services aux usagers et d’accroître la transparence administrative.

L’atelier de validation du rapport final du schéma de modernisation de la collecte des recettes communales fait suite à celui du 27 janvier, au cours duquel l’étude diagnostique de l’état des lieux de la collecte des recettes communales avait été validée. Le projet de numérisation de la collecte des recettes communales a pris forme après la recommandation à cet effet formulée par le président de la République, Evariste Ndayishimiye, lors de la clôture de la retraite gouvernementale qui s’est tenue du 4 au 5 janvier dernier.

La numérisation du processus de collecte des recettes communales est perçue comme une solution à la mauvaise gestion financière des communes qui a comme conséquence un manque à gagner pour l’État. Elle viendra garantir la bonne gouvernance et assurer à l'État des revenus réguliers.  

Ruben Tchounyabe

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Le « coulage » des recettes est un défi face auquel les autorités de Kinshasa sont confrontées depuis plusieurs années déjà. Pour y mettre définitivement fin, l’État a décidé de renforcer les compétences humaines par des atouts technologiques.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a opté pour la numérisation pour sécuriser la perception des droits, taxes et autres redevances financières par le pouvoir central. Il a adopté à cet effet LOGIRAD, un système informatique intégré de gestion de la collecte des ressources financières publiques, lors du Conseil des ministres réuni le vendredi 25 mars à Kinshasa.

Au-delà de sa fonction de dématérialisation de toute la procédure de collectes des droits, taxes et redevances du pouvoir central, la plateforme numérique va également aider le gouvernement dans le contrôle et la gestion des contentieux administratifs et juridiques. L’utilisation du LOGIRAD doit en résumé sécuriser le circuit de perception des taxes, réduire les manipulations humaines, lutter contre la fraude fiscale. Un ensemble de mesures qui favorisera la maximisation des recettes domestiques. 

L’utilisation du LOGIRAD sera rendue obligatoire par un texte réglementaire conformément à l’article 3 de l’ordonnance-loi n°13/003 du 23 février 2013 portant réforme des procédures relatives à l’assiette, au contrôle et aux modalités de recouvrement des recettes non fiscales, tel que modifié et complété par l’article 47 de la loi de finances n°21/029 du 31 décembre 2021 pour l’exercice 2022.

Dans son cadre budgétaire à moyen-terme 2022-2024 présenté en septembre 2021, le ministère du Budget a fait du LOGIRAD un atout essentiel de sa politique de sécurisation des recettes publiques. Le gouvernement compte beaucoup sur l’argent que le système contribuera à collecter pour financer plusieurs politiques publiques indispensables au développement socioéconomique du pays.

Le cadre budgétaire 2022-2024 situe les dépenses totales du gouvernement à 89 999,8 milliards de francs congolais (44,7 milliards $). Les dépenses du pouvoir central se situeraient à 74 797,8 milliards de francs congolais sur la période.

Muriel Edjo

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La modernisation du service public par les technologies de digitalisation a été lancée en Ouganda il y a plus de dix ans. Les résultats enregistrés aujourd’hui confortent le gouvernement dans ce choix que d’autres pays africains ont fait bien plus tard.

La numérisation des services du gouvernement a permis à l’Etat d’économiser plus de 4 billions de shillings ougandais (1,1 milliard $) en dépenses publiques directes chaque année, au cours des dix dernières années. Hatwib Mugasa, le directeur exécutif de l’Autorité nationale des technologies de l’information d’Ouganda (NITA-U) l’a affirmé mercredi 23 mars lors du Huawei ICT Congress 2022 qui s’est déroulé à Kampala.

Il a déclaré que ce montant « aurait été dépensé en papier, en processus manuels et en frais de service des centres de données pour chaque ministère, département et agence ». Le patron de la NITA-U a rappelé que, dans son projet de numérisation, l’Etat a déjà « déployé plus de 4172 km de câbles à fibre optique dans 62 districts ougandais. Dans quelques semaines, nous aurons achevé 764 km dans le cadre de la phase du dernier kilomètre et les citoyens pourront accéder aux services administratifs en ligne dans 1400 sites administratifs ».

L’Ouganda est actuellement parmi les pays d’Afrique qui affichent les meilleurs taux de préparation au gouvernement électronique. Dans son dernier « E-governement development index 2020 », l’Union internationale des télécommunications classe le pays à la 18ème place sur les 54 que compte le continent. L’indice du pays ; 0,4499 sur 1; est au-dessus de la moyenne d’Afrique de l’Est (0,3738) et d’Afrique (0,3914). En 2010, l’Ouganda avait un indice de développement du gouvernement électronique de 0.2812.

Au-delà du gain financier, Hatwib Mugasa a souligné que la numérisation des services publics a aussi entraîné un gain de temps pour les Ougandais qui peuvent désormais payer leurs impôts en ligne, se faire établir un passeport depuis le confort de leur domicile, enregistrer une entreprise, etc.

Adoni Conrad Quenum

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C’est un grand saut numérique que s’apprête à réaliser la Société nationale d’électricité (SNEL) et la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) de la République démocratique du Congo. Lors du Conseil des ministres du vendredi 18 mars, le président de la République, Félix Tshisekedi (photo), a instruit la mise en place dans chacune d’elle d’un système d’information intégré et sécurisé pour le paiement électronique des factures d'ici le 31 décembre. L’objectif est d’accroître la transparence financière dans la collecte des recettes des deux sociétés.

Lire aussi : Au Bénin, payer sa facture d’électricité en ligne c’est désormais possible 

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Du 14 au 20 mars, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a effectué une visite officielle au Vietnam. Au cours de son séjour, plusieurs accords ont été signés dans plusieurs secteurs, dont les nouvelles technologies.

La République de Sierra Leone se tourne vers l’expertise vietnamienne pour soutenir sa transformation numérique. Dimanche 20 mars, le ministre en Chef Jacob Jusu Saffa a signé, à cet effet, un protocole d’accords avec FPT, un fournisseur vietnamien de solutions numériques.

L’accord prévoit la fourniture par FPT de services de consultation à la Sierra Leone sur le développement socio-économique et les stratégies de transformation numérique. Il stipule également que la société vietnamienne accompagnera le gouvernement sierra-léonais dans la mise en œuvre du gouvernement numérique, le développement de l’économie numérique. Cette coopération touchera aussi le secteur de l’éducation avec des formations en compétences numériques et technologiques de jeunes sélectionnés pour leurs aptitudes intellectuelles.

Pour Trương Gia Bình, le président-directeur général de FPT, la collaboration avec la Sierra Leone contribuera « à affirmer les capacités technologiques de FPT et sa position au niveau mondial, et à réaliser l'objectif de l’entreprise de devenir l'un des 50 principaux fournisseurs de services de transformation numérique dans le monde ».

L’accompagnement technique qu’obtiendra la Sierra Leone de FPT est l'une des retombées de la visite officielle effectuée au Vietnam du 14 au 20 mars par le président de la République Julius Maada Bio. Au cours de son séjour, il s’est entretenu avec son homologue Nguyen Xuan Phuc. Il lui a exprimé son désir de voir les deux pays coopérer dans les domaines de la haute technologie, des télécommunications, de la transformation numérique et de l'innovation technologique.

Dans son dernier rapport mondial sur le développement de l’e-gouvernement, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe la Sierra Leone parmi les pays avec une faible administration numérique. Sur le plan international, le pays occupe la 174e place sur 193. Au niveau continental, il est 3e sur 54 nations. L’appui de FPT peut l’aider à améliorer sa position et ses capacités. 

Adoni Conrad Quenum

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Dans le nouveau plan de développement national 2021-2025, dévoilé le 22 décembre 2021, le Nigeria fait de la numérisation des services publics un axe indispensable. Mais pour garantir l’efficacité de ces services, une ressource humaine compétente est également requise.

Idongesit Udoh, le responsable nigérian du programme d'accès numérique du gouvernement britannique, a dévoilé le vendredi 18 mars l’intention du Royaume-Uni d’accompagner le Nigeria dans la formation des fonctionnaires aux compétences numériques de base. Lors de la grande finale du DigitalForAll Challenge organisé par Tech4Dev en partenariat avec Microsoft, il a soutenu que cette activité devrait se dérouler dans plusieurs États du pays afin de préparer l’administration publique de chaque région à l’e-gouvernement qui s’accélère.

Idongesit Udoh a affirmé que le soutien du Royaume-Uni à la formation des fonctionnaires nigérians aux compétences numériques de base n’est que la continuité d’une vieille collaboration technologique avec l’État du Nigeria qui a déjà porté plusieurs fruits. « Le Royaume-Uni soutient activement le Nigeria par le biais du développement technologique. Et bien sûr, nous avons travaillé avec le gouvernement fédéral dans le passé sur des sujets tels que l'élaboration du plan national sur le haut débit. Sur le front de la cybernétique, nous avons fourni une assistance technique pour élaborer la nouvelle politique et stratégie nationale de cybersécurité du Nigeria. Et actuellement, nous travaillons avec le secteur privé sur plusieurs fronts, notamment sur les compétences numériques des femmes et des jeunes filles », a-t-il expliqué.

Former ses fonctionnaires aux compétences numériques n’est qu’une échelle réduite de l’ambition de développement grâce au numérique que porte le Nigeria. Le gouvernement veut que 95% de sa population soit apte à utiliser les technologies de l’information et de la communication d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, Mallam Kashifu Abdullahi, le directeur général de l’Agence nationale de développement des technologies de l’information (NITDA), interpelait le secteur privé en janvier dernier sur la nécessité d’investir dans cette tâche.

Une ressource humaine apte à évoluer sans heurts dans l’écosystème de l’administration en ligne est indispensable au Nigeria pour garantir l’efficacité et la rapidité de la nouvelle fonction publique qui ne sera pas uniquement technologique, mais également humaine. Traiter les demandes, initier les procédures, achever le service exigera une connaissance des systèmes numériques et leur manipulation. C’est dans la maîtrise de ces différents outils que le Royaume-Uni souhaite accompagner le Nigeria. 

Muriel Edjo

Lire aussi : Le gouvernement nigérian s’est doté d’un plan pour accélérer la numérisation de son économie d’ici 2025

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