Il façonne l’accès au financement en Afrique grâce à des initiatives technologiques. De la finance numérique aux transports en ligne, son parcours illustre la manière dont l’innovation peut transformer les secteurs traditionnels et faciliter l’entrepreneuriat local.
Marvin Peter Akankwasa (photo) est un entrepreneur ougandais actif dans le secteur technologique et spécialisé dans la finance. Il est le fondateur et le directeur général de Social Lend Africa, une start-up fintech basée à Kampala.
Fondée en 2019, Social Lend Africa propose une plateforme numérique qui utilise l’intelligence artificielle pour connecter directement prêteurs et emprunteurs. La plateforme s’adresse principalement aux petites entreprises et aux entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à obtenir des financements par les canaux bancaires traditionnels.
Elle permet aux emprunteurs d’accéder à des crédits à des taux calculés par les algorithmes de la start-up. Les prêteurs, de leur côté, disposent d’un système d’évaluation algorithmique pour sécuriser leurs investissements. Les emprunteurs doivent fournir leurs coordonnées, leur identité, des preuves de domicile, des documents liés à leurs activités commerciales et leurs certificats fiscaux. Les prêteurs, eux, doivent seulement attester de la provenance de leurs fonds.
Marvin Peter Akankwasa est également le fondateur d’Highlend, une start-up lancée en 2023 qui développe une technologie de décision de crédit pour améliorer la gestion du risque. L’entreprise vise à accompagner 10 000 institutions financières de petite et grande envergure dans 10 pays africains d’ici 2033.
Sa première entreprise est African Food Vending Solutions, un distributeur de restauration rapide lancé en 2015. En 2018, il a cofondé Ugabus, un réseau de bus interurbains et intervilles, accompagné d’une plateforme de réservation en ligne. L’entreprise a été rachetée en 2021 par Treepz, une start-up technologique de transport, où il a occupé le poste de responsable des affaires juridiques et générales de 2021 à 2023.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Afrique du Sud, une jeune pousse se positionne comme une insurtech combinant sensibilité culturelle, accessibilité mobile et technologie blockchain pour répondre à un véritable besoin financier et social.
Urban Ubuntu est une solution numérique développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle se spécialise dans l’assurance obsèques et rapatriements pour la diaspora africaine, en commençant par la communauté kényane résidant en Afrique du Sud. La start-up basée à Pretoria a été fondée en 2019 par Shingie Maramba.
« Les funérailles représentent souvent la dépense la plus importante pour les familles de la diaspora, avec un coût compris entre 7000 et 10 000 USD par cas. Les familles dépendent fortement des transferts de fonds, ce qui peut épuiser leurs économies et retarder les enterrements. Les assureurs traditionnels manquent de sensibilité culturelle, de rapidité de paiement et de commodité mobile » a déclaré Shingie Maramba.
La plateforme propose une combinaison de technologies innovantes telles qu’une IA de prise en compte des rites culturels permettant de proposer des services funéraires en adéquation avec les traditions, une transparence fondée sur la blockchain ou encore des paiements adaptés à la diaspora, compatbiles avec M-Pesa, services de change ou applications bancaires.
Pour faciliter encore plus le processus, Urban Ubuntu s’appuie sur des partenaires comme Old Mutual pour la souscription des contrats, AVBOB pour la logistique de rapatriement, Kenbright pour un service client 24/7, et KEDASA SACCO pour la distribution des produits.
Après le Kenya, la start-up entend s’étendre vers les marchés de la diaspora aux USA, en Europe et en Australie, puis déployer ses services sur les 14 marchés africains couverts par son partenaire Old Mutual, où les flux de remises dépassent 30 milliards USD par an.
« Avec 5 milliards USD de transferts de fonds vers le Kenya chaque année, les fondateurs ont vu une opportunité de réorienter une partie de ces fonds vers une couverture funéraire structurée, abordable, personnalisable et numérique » ajoute Shingie Maramba.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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En Afrique, la finance numérique évolue rapidement, portée par des initiatives locales qui changent la manière dont entreprises et particuliers interagissent avec l’argent. De jeunes dirigeants conçoivent des solutions adaptées aux besoins du continent.
Amin Ben Abderrahman (photo) est un entrepreneur tunisien actif dans la finance numérique en Afrique. Il est cofondateur et directeur général de Konnect Networks, une start-up spécialisée dans la technologie financière.
Fondée en 2021, Konnect Networks a pour objectif de simplifier les flux financiers complexes et de soutenir le développement des entreprises de toutes tailles grâce à des solutions de paiement diversifiées, intuitives et sécurisées.
La plateforme propose des services de passerelle de paiement, de portefeuille digital et d’inclusion financière. Elle permet aux particuliers et aux entreprises d’envoyer, de recevoir et de gérer leurs paiements en temps réel. Konnect facilite les transactions en ligne ou sur place via des liens de paiement instantanés, des API intégrables aux sites e-commerce, le paiement par QR code et des notifications en temps réel. Les commerçants disposent d’une interface d’administration avancée, de la gestion multicomptes et d’un accompagnement personnalisé.
« Chez Konnect, nous croyons que tout le monde a droit à un accès égal aux opportunités financières. Nous nous engageons à favoriser l’inclusion en proposant des solutions financières accessibles qui donnent aux particuliers et aux entreprises la possibilité d’accéder à des services financiers de qualité, quelles que soient leur origine ou leur situation géographique », déclare la start-up.
Amin Ben Abderrahman est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en conseil et management en services informatiques obtenu en 2010 à CY Tech, en France. Après ses études, il travaille en 2012 à la Royal Bank of Scotland, en Écosse, en tant que responsable qualité des services financiers.
En 2016, il rejoint la fintech suisse Leonteq en tant que spécialiste des données sur le risque et la finance. L’année suivante, il intègre Mars, fabricant de confiseries et chocolats, comme responsable technique. Il poursuit ensuite sa carrière comme consultant senior pour BeeSoSmart Consulting, à Paris, puis OneStream, une fintech basée en Angleterre.
Melchior Koba
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Au Nigeria, une fintech a mis en place une plateforme financière tout-en-un offrant des services de paiement, d’épargne et un programme fidélité pour les utilisateurs. Elle a pour but de résoudre les problèmes de fragmentation des services financiers, de lenteur des transactions et de limites mensuelles de paiements.
Zepay est une solution fintech développée par une jeune pousse nigériane. Elle permet de régler des factures, d’effectuer des virements bancaires et de collecter des points de fidélité convertibles en cashbacks ou réductions, sans aucune limite de transaction. La start-up a été lancée en 2025 par Daniel Charles-Iyoha.
« Notre différence réside dans l'absence de limites de transaction, l'engagement basé sur les récompenses et une couche d'investissement prête pour l'avenir », a indiqué Daniel Charles-Iyoha, fondateur de Zepay.
La plateforme intègre des fonctionnalités de core banking, en partenariat avec une banque nigériane et un acteur fintech local, tout en préparant le lancement prochain d’offres d’épargne et d’investissement (actions, fonds mutuels).
« Les premiers résultats positifs comprennent le déploiement réussi du MVP, l'intégration des fonctionnalités bancaires de base et l'activation de partenariats. Bien que le nombre exact d'utilisateurs ne soit pas encore public, nous constatons un engagement croissant grâce à notre écosystème d'applications ».
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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La FinTech égyptienne Munify, spécialisée dans les solutions bancaires numériques, a obtenu 3 millions de dollars lors d'un tour de table de financement initial. Soutenue par Y Combinator (Summer 2025), elle développe une néobanque transfrontalière permettant aux Égyptiens de la diaspora d’envoyer de l’argent instantanément et à faible coût, tout en offrant aux résidents et indépendants locaux un accès simplifié à des comptes et cartes bancaires américains.
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Cette fintech égyptienne ambitionne de devenir une plateforme de référence dans la région MENA. Basée sur la blockchain, elle intègre les approches business-to-business et business-to-customer.
Munify est une solution fintech développée par une jeune pousse égyptienne. Elle se positionne comme une néo-banque ciblant la diaspora et les professionnels égyptiens évoluant à l’international. Fondée en 2024 par Khalid Ashmawy, elle permet des paiements transfrontaliers instantanés, sécurisés et peu coûteux, tout en facilitant l’accès aux services bancaires américains à partir d’une simple pièce d’identité locale.
La semaine dernière, elle a annoncé un tour de table d’un montant de 3 millions USD pour accélérer le développement de ses équipes d’ingénierie, renforcer sa conformité réglementaire et préparer son expansion régionale. « Le système bancaire n'a pas été conçu pour des gens comme moi. Il est très coûteux, prend beaucoup de temps et est fragmenté. C'est un problème que j'ai personnellement rencontré et qui touche beaucoup de gens souhaitant envoyer de l'argent chez eux rapidement et efficacement » a indiqué Khalid Ashmawy.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargée plus d’une centaine de fois selon les données de Play Store. Elle propose une suite complète d’outils financiers dont des comptes multi-devises (USD, bientôt EUR et GBP), des portefeuilles non-custodial, des cartes virtuelles en USDC pour des paiements sécurisés, envois et réceptions de fonds globalisés, et émission de factures.
Munify construit ses propres rails bancaires, connectant directement les systèmes financiers entre différents pays au lieu de s’appuyer sur les circuits traditionnels comme Western Union ou MoneyGram. Cette architecture native lui permet d’offrir des transactions plus rapides avec des frais réduits.
La fintech égyptienne fait partie de la cohorte Été 2025 de l’accélérateur californien Y Combinator. Celui-ci s’est d’ailleurs impliqué dans sa levée de fonds avec la participation de BYLD et Digital Currency Group.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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Il détient plus de 15 ans d’expérience professionnelle, acquise dans des fintech et des entreprises de télécommunications. Entrepreneur technologique, il s’engage à révolutionner le secteur des finances en Afrique.
Fabrice Kabongolo Lukumu, entrepreneur technologique congolais, a fondé Araka, une plateforme de paiement électronique qui facilite les transactions financières en ligne, avec un accent sur la rapidité, la sécurité et l’accessibilité pour les utilisateurs comme pour les marchands.
Créée en 2019, Araka permet aux particuliers d’effectuer différents types de paiements et de transactions via sa plateforme numérique. Les utilisateurs peuvent régler des factures, acheter du crédit téléphonique ou transférer de l’argent entre différents opérateurs de Mobile Money et banques.
La plateforme propose également une passerelle de paiement (API) que les marchands peuvent intégrer à leurs sites e-commerce pour accepter les paiements mobiles et par carte Visa. Parmi ses fonctionnalités, Araka dispose d’un chatbot qui permet d’effectuer toutes les opérations disponibles sur la plateforme directement via WhatsApp, rendant le service accessible en tout lieu et à tout moment.
Fabrice Kabongolo Lukumu est titulaire d’un bachelor en économie et commerce international obtenu en 2008 à l’université d’Aston, en Angleterre. Il commence sa carrière professionnelle en 2009 chez Sportshq, une plateforme sportive, où il occupe le poste de directeur de la clientèle stratégique.
En 2011, il rejoint PwC, une société d’audit et de conseil, en tant qu’auditeur. Entre 2012 et 2014, il travaille chez Helios Towers Africa, une société de télécommunications basée à Londres, où il occupe successivement les fonctions de directeur financier et de chargé de clientèle senior à Kinshasa. Entre 2019 et 2023, il est responsable du développement des affaires et des produits chez Rawbank à Kinshasa.
Melchior Koba
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Il fait partie de ces entrepreneurs africains qui souhaitent apporter un impact significatif au secteur numérique. Son parcours illustre l’émergence d’initiatives locales visant à transformer l’accès à la formation sur le continent.
Valery Kagro (photo), entrepreneur technologique tchadien, est cofondateur et directeur général de PayiSkoul, une néobanque éducative basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dédiée au financement et à la digitalisation du secteur éducatif.
Créée en 2024, PayiSkoul vise à faciliter le règlement des frais de scolarité et de formation en tenant compte des contraintes financières des étudiants et de leurs familles. La plateforme propose un portefeuille digital relié aux comptes bancaires et cartes Visa, permettant de régler les frais de scolarité, le logement et le matériel pédagogique en plusieurs échéances. Elle inclut également des services tels que le cashback éducatif, la micro-épargne et le microcrédit destinés aux projets étudiants.
Pour les établissements partenaires, PayiSkoul met à disposition un tableau de bord automatisé pour le suivi des paiements, la gestion des échéances et les relances, afin de fluidifier la relation entre établissements et familles.
Avant PayiSkoul, Valery Kagro avait lancé Genoskul, une start-up fondée en 2020 dans le domaine des technologies éducatives. Sa plateforme propose des formations à distance, un service de répétiteurs et un assistant intelligent capable de répondre aux questions des utilisateurs.
L’entrepreneur est diplômé de l’université de Ngaoundere, au Cameroun, où il a obtenu en 2019 un bachelor en informatique. Il détient également un certificat en intelligence artificielle de l’université virtuelle du Sénégal et un certificat en analyse de données délivré par OpenClassrooms.
Son parcours professionnel commence en 2019 au Trésor public du Tchad comme stagiaire au département informatique. En 2022, il rejoint le Programme des Nations unies pour le développement dans son pays en tant que responsable technologique du Programme Jeunesse Innovation.
Entre 2022 et 2024, il occupe le poste de responsable technique chez Izipay, une fintech camerounaise. En parallèle, il exerce comme directeur de la technologie chez Allô’Bailleurs, une plateforme ivoirienne de mise en relation entre locataires et propriétaires, et comme responsable technique et de coordination pour l’Afrique centrale chez DAWN, une entreprise de technologie éducative basée à Lagos, au Nigeria.
Melchior Koba
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Actif dans le domaine de la finance au Rwanda, il occupe plusieurs postes au sein d’entreprises et d’organisations locales. Il a construit son parcours autour de compétences en comptabilité, gestion et développement d’activités financières.
Félix Nkundimana (photo), entrepreneur rwandais actif dans le secteur de la finance, est cofondateur et directeur général de Jali Finance, une fintech spécialisée en finance et comptabilité, fondée en 2017.
Jali Finance se concentre sur le financement par leasing d’actifs, notamment les motos électriques. L’entreprise encourage la consommation responsable, la création d’emplois et la promotion des produits locaux, en particulier ceux estampillés « Made in Rwanda ».
En février 2025, Jali Finance a lancé JaliKoi, une super-application multifonctionnelle conçue pour centraliser l’accès aux services financiers et commerciaux, à destination des particuliers comme des entreprises. La plateforme propose des crédits à taux abordables et des modalités de remboursement flexibles pour l’acquisition de biens tels que des motos ou des véhicules.
JaliKoi intègre également un système de cashback, qui récompense les utilisateurs à chaque transaction — qu’il s’agisse d’achats, de paiements de factures d’électricité, de téléphonie mobile ou d’abonnements TV. Ce cashback peut être utilisé pour régler d’autres factures ou effectuer de nouveaux achats, facilitant la circulation des ressources et la gestion financière individuelle.
Félix Nkundimana est également partenaire de Jali Partners, une société de services professionnels basée à Kigali. Il préside l’Association of Credit Service Providers, un réseau de prestataires de services financiers sans dépôt au Rwanda.
Diplômé de l’université du Rwanda, où il a obtenu en 2011 un bachelor en comptabilité et finance, il détient également un master en administration des affaires obtenu en 2024 à la Quantic School of Business and Technology, aux États-Unis. Sa carrière a débuté en 2010 à la Rwanda Revenue Authority, l’office rwandais des recettes, où il a travaillé comme auditeur jusqu’en 2013.
Melchior Koba
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Il appartient à une génération d’entrepreneurs éthiopiens qui lient innovation et tradition. Son parcours illustre comment des pratiques locales peuvent trouver une nouvelle place dans l’économie numérique.
Alexander Hizikias (photo), économiste de formation et entrepreneur éthiopien, est cofondateur et directeur général d’eQub, une fintech créée en 2020 qui adapte au numérique la pratique traditionnelle des groupes d’épargne rotative, appelés « equb » en amharique, la langue nationale éthiopienne.
eQub propose une application mobile permettant d’organiser ces cercles d’épargne, de sécuriser les transactions et de réduire les risques liés à l’usage de liquidités. Elle vise à renforcer la gestion financière des participants et à élargir l’accès à des services pour des populations peu connectées aux circuits bancaires classiques.
L’application intègre les paiements par mobile money, automatise les contributions et assure un suivi transparent des opérations, renforçant ainsi la confiance entre membres. Elle introduit également un système de points donnant accès à des services financiers complémentaires, tels que des crédits ou des facilités de paiement.
« L’application eQub est la première application qui vous aide à puiser dans vos économies futures. Elle vous permet de configurer et de gérer vos groupes personnels en quelques clics. De plus, elle facilite les interactions avec vos collègues eQubers », explique l’entreprise.
Diplômé de l’université d’Addis-Abeba, où il a obtenu en 2016 un bachelor en économie, Alexander Hizikias a déjà multiplié les initiatives entrepreneuriales. Sa première entreprise, Alexander Hizikias Couture, spécialisée dans la conception et la fabrication de textiles, a été active entre 2016 et 2019. Cette même année, il a cofondé The Goat Cafe, une entreprise de café.
Melchior Koba
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