VALR, actuellement valorisé à 240 millions $, veut se développer hors du continent, dans le cadre d’une nouvelle phase de croissance. L'entreprise poursuivra également sa croissance en Afrique, à travers le déploiement de nouveaux services.

La plateforme sud-africaine d’achat et de vente de cryptomonnaies valr.com a annoncé, mardi 1er mars, la levée de plus de 750 millions de rands (50 millions $) dans le cadre d’un financement de série B. Pour l’entreprise, l’opération représente « la plus importante levée de fonds en cryptomonnaies jamais réalisée en Afrique ». VALR, désormais valorisée à 240 millions $, prévoit de s'étendre en Inde, tout en renforçant sa présence en Afrique à travers l’élargissement de ses produits et le recrutement de personnel pour son équipe.

« Nous pensons que l'avenir de l'Afrique est brillant pour l'adoption des cryptomonnaies, à la fois pour la diversification des actifs et les paiements », souligne Paul Veradittakit (photo), associé chez Pantera Capital, le fonds américain qui a dirigé cette levée de 50 millions $ au profit de VALR. L'initiative intervient deux ans après l’obtention par VALR d’un financement de série A de 3,4 millions $, en juillet 2020. L’entreprise avait signifié à cette période sa volonté de déployer de nouveaux produits et de s’étendre sur de nouveaux territoires africains.

VALR affirme avoir traité plus de 7,5 milliards $ de volume de transactions depuis son lancement en 2019. L’entreprise revendique plus de 250 000 clients particuliers et 500 clients institutionnels sur le continent. D’après une étude d'août 2021 publiée par la plateforme de recherche Chainalysis, le marché africain des cryptomonnaies a cru de 1200 % en valeur, sur la période de juillet 2020 à juin 2021. Malgré cette croissance, le continent représente la plus petite économie de cryptomonnaies de toutes les régions étudiées par  Chainalysis.

Chamberline Moko

 

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Les solutions et l’architecture digitale des paiements représentent un défi récurrent sur le secteur du e-commerce en Afrique. Jumia annonce avoir pris des mesures pour les améliorer sur deux de ses principaux marchés que sont l’Egypte et le Nigeria.

Jumia, le groupe spécialisé dans les services d'e-commerce en Afrique, a annoncé avoir effectué plusieurs investissements en Egypte, dans le cadre d'une stratégie visant à développer ses solutions de paiement. Il a indiqué avoir trouvé un accord avec vaIU, une société de services technologiques adaptés à la finance, afin de développer une solution permettant à ses clients locaux d'acquérir des biens et les payer dans le temps (BNPL, Buy Now and Pay Later).

Jumia annonce aussi avoir connu plusieurs développements sur son système de paiement au Nigeria, son principal marché. « Sur l'application JumiaPay, nous avons continué à ajouter des services plus pertinents, au quotidien. Au Nigeria, nous avons mis en place une intégration avec Quickteller, le plus grand agrégateur de factures du pays. Ce partenariat nous permet de proposer plus de 70 facturiers supplémentaires sur l'application JumiaPay, notamment des services gouvernementaux, des fournisseurs d'accès à Internet, des compagnies aériennes… », peut-on lire dans la communication de l'entreprise.

Toujours au Nigeria cependant, l'entreprise annonce que ses services de paiement pourront connaître des perturbations. Afin de se conformer aux exigences de la Banque centrale, ses dirigeants ont accepté de s'associer à un fournisseur de services de paiement tiers pour le traitement des transactions par carte via JumiaPay. Le changement effectif est annoncé pour ce mois de mars 2022 avec un léger délai dans la mise en œuvre.

La technologie JumiaPay a permis au groupe coté désormais sur le Nasdaq (principal marché boursier américain des valeurs technologiques) de canaliser des paiements d'une valeur de 263,3 millions $ pour plus de 12,1 millions de transactions. Cela représente 34,7 % des paiements globaux effectués par les clients, contre 33,1 % une année auparavant. Rappelons que la valeur des marchandises achetées via la plateforme Jumia a frôlé le milliard de dollars en 2021, en hausse de 3,21 % comparé à celle de l’année 2020.

Jumia continue d'augmenter le nombre de ses clients qui a approché 4 millions en 2021, ainsi que ses volumes d'affaires. L’amélioration de ses systèmes de paiement tout comme la mise en conformité avec les exigences règlementaires sont des étapes importantes de son développement. Ces évolutions devraient lui permettre de répondre aux attentes qui surviendront, au regard de l'importante campagne de marketing menée en 2021.

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Le 16 février 2022, la fintech Flutterwave, fondée par les Nigérians Olugbenga Agboola et Iyinoluwa Aboyeji, a annoncé la clôture d’un tour de table de série D qui lui a permis d’obtenir 250 millions $ auprès des investisseurs. Cette opération a également porté la valorisation de la société à 3 milliards $, ce qui en fait la start-up la mieux valorisée d'Afrique. Tout un symbole qui témoigne de la domination des fintech dans le paysage des sociétés technologiques en Afrique. Le deuxième épisode de la série que vous propose We Are Tech sur la transformation digitale africaine s’intéresse à ce dynamisme qui fait progressivement de l’inclusion financière une réalité sur le continent.

2021, l’année de tous les records

Pour évaluer le succès des jeunes pousses technologiques dans un secteur d’activité, nous avons entre autres comme indicateurs le montant et la fréquence des investissements qu’elles obtiennent. Et si l’Afrique bénéficie de plus en plus de l’intérêt des investisseurs, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Ce sont en effet les fintech qui obtiennent largement les faveurs des investisseurs et 2021 n’a pas dérogé à la règle, bien au contraire.

Au cours de cette année record pour les start-up africaines, qui a vu les investissements mobilisés passer de 1,4 milliard $ en 2020 à 5,2 milliards $ (+264 % en glissement annuel), selon les données de Partech, le secteur de la fintech a vu aussi sa part du gâteau grossir davantage. D’une part, les sociétés de technologie financière ont attiré environ 3,28 milliards $ en 2021, une progression de plus de 800 % en un an. Cette somme représente 63 % du montant total levé par les start-up africaines durant l’année, en nette augmentation par rapport aux 25 % de 2020.

La dynamique a continué en ce début d’année 2022, avec les sociétés fintech qui ont obtenu plus du quart (25,3 %) des 419 millions $ mobilisés par les start-up africaines en janvier, d’après les données d’Intelligence by Techpoint. En dehors des levées de fonds record, l’année 2021 a été marquée aussi par l’arrivée de nouvelles start-up dans le cercle restreint des licornes (start-up valant au moins 1 milliard $) actives en Afrique. Preuve de la domination des fintech, quatre des cinq nouveaux arrivants appartiennent à ce secteur, en l’occurrence Flutterwave, OPay, Chipper Cash et Wave.

Le rôle de la pandémie

La progression de ces sociétés traduit aussi l’intérêt croissant des investisseurs pour les fintech, car, là où il a fallu plus d’une décennie à leurs prédécesseurs Fawry (Egypte) et Interswitch (Nigeria), les nouvelles licornes n’ont eu besoin que de trois à cinq ans pour obtenir le même résultat. Le rôle de la pandémie de Covid-19 dans cette évolution n’est pas à négliger, car si elle a eu un impact négatif sur plusieurs entreprises, la crise sanitaire a permis aux solutions technologiques de progresser fortement. Profitant des restrictions et de la limitation des interactions humaines, les plateformes de commerce en ligne se sont développées, et avec elles les solutions de paiement proposées par les fintech du continent.

Notons que cette situation n’est pas propre à l’Afrique où les fintech profitent d’un besoin considérable pour les solutions de paiement, d’envoi et de transfert d’argent. Dans les zones économiques d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale (UEMOA et CEMAC), par exemple, le taux de bancarisation (correspondant à la proportion de la population titulaire d’un compte bancaire) était encore inférieur à 20 % en 2020, d’après des sources concordantes, et témoigne de l’accès restreint des populations de ces deux régions aux services financiers.

La situation est meilleure au Nigeria, pays le plus peuplé du continent, mais selon la BAD, 55 % des Nigérians vivant en milieu rural n’ont toujours pas accès aux services financiers. L’intérêt des investisseurs pour les fintech actives dans la première économie du continent n’est d’ailleurs pas surprenant compte tenu des larges parts de marché restant à conquérir. Le taux d’adoption du Mobile Money n’y est en effet que de 4 %, précise la BAD. D’autres facteurs comme l’insuffisance ou les coûts élevés des moyens de paiement, pour les échanges commerciaux et les transferts d’argent intra-africains, ont aussi facilité le développement des fintech sur le continent, plus que partout ailleurs dans le monde. Une statistique relative au Mobile Money illustre d’ailleurs parfaitement cette particularité bien africaine. En 2021, la région comptait en effet 548 millions de comptes, soit près de la moitié des 1,2 milliard de comptes au niveau mondial. Sur les 767 milliards $ échangés dans le monde la même année par ce moyen, l’Afrique a représenté 490 milliards $, soit environ les deux tiers.

L’exemple Flutterwave

Cofondée en 2016 par celui qui est surnommé le prince de la fintech africaine (Olugbenga Agboola), Flutterwave a atteint le statut de licorne en mars 2021, en clôturant une levée de fonds de 170 millions $. Moins d’un an plus tard, la société a triplé sa valeur et est devenue en février 2022 la start-up africaine la plus valorisée avec 3 milliards $. Spécialisée dans le traitement des paiements, Flutterwave met à disposition des entreprises, qu’il s’agisse de grandes boîtes ou de PME, des interfaces de programmation d'application (API) pour la création de plateformes de paiement personnalisables. Couvrant 33 pays africains, la start-up revendiquait à la mi-2021 le traitement de 140 millions de transactions pour 290 000 entreprises pour un montant total de 9 milliards $, à travers 150 devises et de multiples modes de paiement. Flutterwave propose en effet, en plus d’un portefeuille mobile accessible via une application pour l’envoi et le transfert de fonds ainsi que les paiements, une application dénommée Barter by Flutterwave. Elle permet, entre autres, la création de cartes virtuelles en dollars, sans passer par une banque traditionnelle, pour les achats en ligne et le paiement d’abonnements.

Au plus fort de la pandémie, en 2020, la société a même lancé une boutique (Flutterwave Store) pour permettre aux commerçants de vendre leurs produits et recevoir les paiements grâce à sa plateforme. En novembre dernier, le service qui comptait plus de 30 000 commerces s’est agrandi avec le lancement de Flutterwave Market. Une nouvelle opportunité de tirer profit d’un marché du commerce électronique africain qui devrait atteindre 29 milliards $ cette année selon la plateforme de données statistiques, Statista.

« Depuis le lancement réussi de Flutterwave Store, nous avons écouté nos clients et agi en fonction de ce dont ils ont besoin pour faire évoluer leurs entreprises. Le lancement de la nouvelle place de marché va transformer leurs activités […] Nous ne nous contentons pas de regrouper les magasins existants, nous les positionnons de manière à ce qu'ils réalisent davantage de ventes », assure Olugbenga Agboola, cofondateur et DG de la société.

Fort du succès des services qu’elle a lancés jusqu’ici, Flutterwave voit grand en 2022 et pour les années à venir. Elle veut consacrer les 250 millions de dollars de son financement de série D à la conquête de nouveaux marchés, aussi bien en Afrique subsaharienne que dans le Nord du continent. Des partenariats sont également envisagés, comme celui conclu l’année dernière avec l’américain PayPal. L’association avec le géant américain du paiement électronique a davantage ouvert les portes des marchés internationaux aux marchands africains qui peuvent désormais recevoir les paiements de leurs produits ou services avec la fonctionnalité « Pay with Paypal » de Flutterwave.

« Nous apportons plus de 300 millions d'utilisateurs PayPal aux entreprises africaines, afin qu'elles puissent accepter des paiements », se félicitait alors le patron de la licorne basée à Lagos et San Francisco.

Un écosystème en quête de diversification

Les insuffisances des services financiers traditionnels expliquent le succès rencontré jusqu’ici par le Mobile Money et les autres fintech actives dans le transfert d’argent sur le continent. La crise sanitaire a aussi favorisé le développement des solutions de paiement à l’échelle du continent. Cependant, la multiplication des offres de Flutterwave depuis quelques mois montre bien que le modèle économique des fintech africaines doit être diversifié. Alors que les quatre start-up valorisées l’année dernière à plus d’un milliard de dollars proposent plus ou moins les mêmes services, à savoir paiements, envoi et transfert d’argent, les jeunes pousses qui veulent devenir les prochaines licornes du secteur devront innover pour se faire une place au soleil. Comme leurs prédécesseurs, elles feront néanmoins face à des contraintes que les Etats doivent les aider à surmonter. Il s’agit notamment de l’amélioration de l’accès à l’électricité ainsi que du taux de pénétration de l’Internet mobile, sans oublier l’éducation des populations à la digitalisation en cours dans tous les secteurs d’activité en Afrique.

Emiliano Tossou

Lire aussi : Grâce à une levée de 250 millions $, Flutterwave possède les ressources pour mener son expansion africaine

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Avec cette seconde levée de fonds en moins d’un an, la fintech Maviance poursuit son développement et vise désormais la couverture de la zone Cemac.

Selon une annonce légale, parue ce 18 février, Finafrik Ltd, société privée basée à Londres et spécialisée dans le développement de logiciels commerciaux, est devenue actionnaire de Maviance PLC, fintech camerounaise détentrice de la plateforme de paiements numériques Smobilpay. Grâce à cette opération, le capital passe à 1,15 milliard, soit une hausse d’un peu plus de 140 millions de FCFA. Calculette en main, Finafrik contrôle donc désormais 12,2% du capital de l’entreprise, révèle Investir au Cameroun.

En mai 2021, Maviance PLC avait déjà clôturé avec succès une levée de fonds de 3 millions de dollars (environ 1,6 milliard de FCFA) auprès de MFS Africa, fintech panafricaine exploitant le plus grand hub de paiements numériques du continent africain. Devenu « investisseur stratégique » de Maviance, MFS Africa permet ainsi à cette fintech camerounaise de financer son expansion dans d’autres pays de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, Tchad et Guinée équatoriale) et d’accroître son empreinte au Cameroun.

Selon ses promoteurs, « Maviance sert plus de 500 000 clients uniques par mois » et connecte des fournisseurs de services clés, des fournisseurs de moyens de paiements, des institutions financières et des opérateurs du Mobile Money à sa plateforme de services financiers numériques.

Depuis janvier 2021, Nkwenti Leslie Azong-Wara occupe le poste de directeur général. Cet ingénieur passé notamment par Siemens A.G. remplace Njinyam Setven Ngwa. Il jouit d’un mandat de trois ans.

S.A.

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Cofondateur de la plateforme Flutterwave, le Nigérian était considéré depuis plusieurs années déjà comme l’espoir de la fintech africaine. Alors que son entreprise vient de franchir un nouveau palier, il prend également un nouveau statut dans l’écosystème des entreprises tech du continent.

Ce 16 février, la fintech nigériane Flutterwave est devenue la start-up affichant la plus importante capitalisation boursière du continent africain. L’entreprise a annoncé avoir mobilisé 250 millions de dollars US dans le cadre d’un cycle de financement. Des ressources qui ont fait passer la valorisation de la plus récente licorne africaine à plus de 3 milliards USD.

1Olugbenga Agboola 3

« Nous avons juste mis en place une infrastructure commune ».

Pour Olugbenga Agboola, son cofondateur et PDG, le niveau actuel de Flutterwave correspond à l’ambition qu’il avait lorsqu’il a décidé de quitter son emploi à Access Bank pour se consacrer à sa création. Celui que tout l’écosystème continental surnomme le prince de la fintech a vraiment eu le nez creux en lançant ce qui est depuis quelques mois, la 4ème licorne africaine.

Un parcours bien rempli

L’une des choses les plus impressionnantes chez Olugbenga Agboola reste son CV. Né à Lagos au Nigeria en 1985, l’intéressé y a fait des études primaires et secondaires avant de partir aux États-Unis où il obtient un master en management du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge. Il obtient également une maîtrise en sécurité informatique et en ingénierie comportementale. Pas suffisant pour celui qui cherche alors à élargir ses horizons et à acquérir de l’expérience.

Il prolonge son cursus en décrochant les certifications standard de sécurité informatique de l'Université EC-Council au Nouveau-Mexique. Il étudie ensuite pour obtenir un diplôme en gestion de projet et en informatique avancée à l'Université de Westminster en Angleterre. C’est donc avec des compétences variées qu’il débute sa carrière comme développeur d'applications pour British Telecom Professional Services en 2003, avant de travailler l’année suivante chez Paypal en tant qu’ingénieur. Il rejoint ensuite l'équipe de développement de solutions d'infrastructure d'entreprise de la Guarantee Trust Bank de janvier 2005 à mars 2009, avant de passer à la Standard Bank Nigeria.

Il y travaille en tant que développeur de produits technologiques pendant deux années durant lesquelles il met au point une solution de paiement biométrique pour la banque. Il a également travaillé avec Google pour les services de paiement électroniques du géant du web, puis en tant que responsable des services financiers mobiles à la Sterling Bank. Il sera enfin responsable de l'innovation chez Access Bank de novembre 2014 à mai 2016.

Cette année-là, il a une idée, pas forcément révolutionnaire : faciliter l’interopérabilité des paiements en ligne. Ses différents postes lui ont permis d’observer sous toutes ses coutures le problème récurrent lié aux systèmes de paiement en Afrique, qui avaient du mal à interagir entre eux.

Ses différents postes lui ont permis d’observer sous toutes ses coutures le problème récurrent lié aux systèmes de paiement en Afrique, qui avaient du mal à interagir entre eux.

Son projet avec Flutterwave était de permettre à un client de payer un prestataire alors que les deux parties utilisent des processeurs différents. « L'Afrique a besoin de trois choses majeures, la logistique, les paiements et le commerce. Flutterwave s'occupe du système de paiement fragmenté en Afrique. Ce système fragmenté a besoin d'un moyen de paiement central pour faciliter le commerce sur le continent », explique Olugbenga Agboola.

Avec Iyinoluwa Aboyeji et une équipe d'autres spécialistes de la tech, de la banque et des paiements en ligne, il se lance donc pour connecter tous les types de paiements sur le continent et apporter une solution à usage unique. Au début, il est juste directeur technique pendant que le cofondateur Aboyedji occupe les fonctions de PDG. Mais lorsque ce dernier décide de quitter le poste, Olugbenga Agboola le remplace à la tête du projet. Et le succès ne tarde pas à frapper aux portes de la plateforme dont les services attirent rapidement des clients parmi les plus importants du paiement en ligne en Afrique. Les investisseurs y croient. En 2020, en plein confinement, l’entreprise accompagne 20 000 petites entreprises dans la création de boutiques en ligne pour faire survivre leurs activités. L’opération est un véritable succès.

Une licorne venue de Lagos

En mars 2021, Flutterwave est devenue la quatrième licorne (start-up valorisée à plus d'un milliard USD, mais non cotée en bourse et non filiale d’un grand groupe) du continent africain. La start-up fondée au Nigeria atteignait alors une valorisation de plus d'un milliard de dollars US, après en avoir levé 170 millions. Elle rejoignait dans ce cercle fermé Fawry et Interswitch, des sociétés de paiements respectivement égyptienne et nigériane, ainsi que le géant du commerce électronique Jumia.

2Flutterwave

En mars 2021, Flutterwave est devenue la quatrième licorne africaine.

Ce succès semblait surprendre beaucoup de monde, mais pas Olugbenga Agboola. Pour cet homme de 37 ans, sa fintech atteignait les niveaux qu’il imaginait lorsqu’en travaillant dans le secteur de la finance, il observait les insuffisances des flux de transferts d’argent entre l’Afrique et le reste du monde. Pour lui, le potentiel du projet Flutterwave était évident. Mais les choses se seraient-elles enclenchées aussi vite sans la pandémie de la Covid-19 ? Avec les confinements et la fermeture de nombreux services, le paiement dématérialisé est devenu indispensable. Visa, Mastercard, Facebook, Uber, Jumia et Alipay sont ainsi entrés en collaboration avec la plateforme dont les services brisent les barrières qui brident le continent en matière de transactions monétaires.

Visa, Mastercard, Facebook, Uber, Jumia et Alipay sont ainsi entrés en collaboration avec la plateforme dont les services brisent les barrières qui brident le continent en matière de transactions monétaires.

Avec son ami Iyinoluwa Aboyeji, Olugbenga Agboola a créé une plateforme permettant une interopérabilité entre de nombreux services de paiement en ligne. Le client et le prestataire n’ont pas à se soucier de la banque ou du processeur d’où part l’argent. Pourtant, l’homme estime n’avoir rien inventé. « Nous avons juste mis en place une infrastructure commune ». Flutterwave lui vaudra de nombreuses distinctions.

En 2021, il est notamment cité parmi les 100 jeunes de la planète qui façonneront l’avenir, selon le magazine américain Time.

Pour le nouveau prince de la fintech africaine, Flutterwave, qui en 2020 a traité plus de 80 millions de transactions pour une valeur de 7,5 milliards de dollars US dans 17 pays africains, a encore des progrès à faire et des territoires à conquérir.

Pour le nouveau prince de la fintech africaine, Flutterwave, qui en 2020 a traité plus de 80 millions de transactions pour une valeur de 7,5 milliards de dollars US dans 17 pays africains, a encore des progrès à faire et des territoires à conquérir.

L'entreprise souhaite qu'une cliente d'Afrique du Sud par exemple, puisse utiliser de manière simple son portefeuille numérique pour acheter des produits pharmaceutiques. Mais son principal objectif actuel est d’étendre le service en Afrique du Nord. Olugbenga Agboola ne s’arrêtera pas avant d’avoir atteint l’objectif qu’il s’est fixé. « L’Afrique n’est pas un pays, mais (au moment de payer en ligne, NDLR.) nous voulons donner l’impression que oui ».

Servan Ahougnon

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En moins d’un an d’existence, Earnipay a suscité l’intérêt d’investisseurs qui y ont engagé des capitaux. La Fintech, lancée en version expérimentale en septembre dernier, vise à toucher près de 200 000 employés avec son service de paie flexible et à la demande d’ici fin 2022.

Earnipay, la Fintech nigériane qui offre à des employés un accès flexible et régulier à leurs salaires, a obtenu un premier financement de démarrage de 4 millions $ pour accélérer son activité dans le pays, son unique marché d’exploitation. L’entreprise, qui propose une panoplie d’outils permettant à sa clientèle de prendre de meilleures décisions financières, prévoit d’utiliser ces capitaux pour soutenir son extension au Nigeria, en ciblant davantage des salariés des grandes entreprises.

« Earnipay s'est rapidement établi avec un produit conçu spécifiquement pour les comportements de paie au Nigeria, et l'adoption précoce par les employeurs est très forte. Nonso Onwuzulike [directeur général d’Earnipay] a constitué l'une des équipes les plus solides que nous ayons rencontrées sur tout le continent, et nous sommes ravis de l'opportunité de nous associer à eux », a déclaré Brendan Dickinson, associé général de Canaan, la firme de capital-risque qui a dirigé cette opération au profit d’Earnipay.

Confronté à des départs d'employés, du fait du système de paie mensuel instauré au sein de sa toute première entreprise de recyclage de déchets plastiques, lancée en 2019 au Ghana, Nonso Onwuzulike a décidé de revoir ce mode de paiement en proposant, dans le cadre d’un nouveau projet d’entreprise au Nigeria, un système de paie plus régulier et flexible pour employés.

La Fintech, qui a été lancée de manière expérimentale en septembre dernier, affirme avoir servi à cette date des salariés d’une vingtaine d’entreprises au Nigeria. Son application a été utilisée plus de 1 000 fois. Confiant dans ses perspectives de croissance, Earnipay ambitionne de proposer son service d’accès flexible et à la demande au salaire à au moins 200 000 employés, d’ici la fin de l’année.

Au Nigeria, les salaires des employés du secteur formel sont versés mensuellement tandis que ceux des employés du secteur informel sont quotidiens, soulignent plusieurs médias locaux. A court de liquidités entre deux paies, des salariés n’ont d’autres possibilités que d’emprunter, ou de demander une avance sur salaire avec des taux d’intérêt parfois élevés. La solution d’Earnipay se présente donc comme une alternative pour ces employés en manque de ressources pour vivre.

Chamberline Moko        

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Moins d’un an après sa levée de 170 millions $, Flutterwave est de nouveau sur le devant de la scène à la suite de la conclusion d’un financement de série D, qui fait d’elle la start-up africaine la mieux valorisée sur le continent.

Le nigérian Flutterwave, spécialisé dans le traitement de paiements, annonce disposer désormais de ressources pour exécuter son expansion africaine. La fintech, co-fondée en 2016 par les Nigérians Olugbenga Agboola et Iyinoluwa Aboyeji, prévoit d’utiliser ces nouveaux financements de l'ordre de 250 millions $ pour mettre en œuvre son plan de développement. Il consiste à accélérer la conquête de nouveaux clients sur ses marchés d’exploitation en Afrique subsaharienne et du Nord, à poursuivre sa croissance par le biais des fusions-acquisitions et de partenariats, après ceux conclus avec PayPal et les opérateurs télécoms MTN, Airtel Africa.

Flutterwave prévoit également de développer de nouveaux produits innovants après la série de services lancés en 2021, tels que Flutterwave Market qui permet aux commerçants d’écouler leurs produits en ligne, ou encore Send, un service de transfert de fonds qui permet d'envoyer de l'argent à des destinataires en Afrique et à partir de l'Afrique.

« Nous sommes ravis que les investisseurs croient en nous et en notre histoire et qu'ils engagent leurs ressources dans ce sens. Ce dernier financement démontre la conviction de certains des principaux investisseurs mondiaux à la fois dans notre modèle d'entreprise, notre équipe et le marché technologique africain. Il apporte à Flutterwave le soutien dont nous avons tant besoin pour réaliser nos projets et offrir la meilleure expérience à nos commerçants et clients », a commenté Olugbenga Agboola, directeur général de Flutterwave, à la suite de cette levée de fonds.

Avant cette récente levée, Flutterwave avait mobilisé un financement de série C, de 170 millions $ en mars 2021, devenant une licorne africaine, la troisième du secteur financier. L’entreprise valorisée à plus d’un milliard $ annonçait également à cette période son intention de conquérir le marché nord-africain.

Sur une période de cinq ans, soit de 2016 à 2020, Flutterwave affirme avoir traité plus de 200 millions de transactions d'une valeur de plus de 16 milliards $ dans 34 pays africains. La Fintech précise également qu’elle a triplé le nombre de ses clients à 900 000 entreprises à travers le monde. Selon le fournisseur de solutions de paiement, sa valorisation a plus que triplé depuis son dernier tour de table en mars 2021.

Cette récente levée de Flutterwave, réalisée auprès d’une brochette d’investisseurs majoritairement étrangers, confirme une fois encore l’attrait des fintechs sur le continent. Les entreprises technologiques axées sur les services financiers demeurent les plus financées, et la tech africaine poursuit sa croissance avec plus de 5 milliards $ de fonds levés en 2021, selon Sherif Makhlouf, directeur général de la société de conseil Boost.

Chamberline Moko

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Deux ans après l’obtention d’un premier financement d’amorçage, Wasla annonce un investissement plus important en fonds propres qui soutiendra son activité et son développement hors d’Egypte.  

La plateforme égyptienne de commerce électronique Wasla a bouclé un financement en fonds propres de 9 millions $ auprès du fournisseur de services financiers non bancaires Contact Financial Holding, pour élargir ses solutions de paiement. L’entreprise, co-fondée en 2018 par deux anciens de Rocket Internet et le banquier d’affaires Mahmoud El Said (photo, à droite), compte inclure à son offre actuelle des options de financement « buy now and pay later », ainsi que des possibilités de paiement en ligne. La start-up veut également préparer son expansion prochaine au Nigeria, première puissance économique et pays le plus peuplé du continent africain.

« C'est un marché énorme au bout du compte, avec environ 250 millions d'habitants. Ils sont très avancés sur le plan technologique, et leur adoption du commerce électronique est assez bonne. C'est le marché idéal. Il y a toute l'infrastructure dont vous avez besoin pour créer une véritable entreprise technologique. En termes de maturité de l'écosystème technologique, le Nigeria est probablement l'un des meilleurs marchés d'Afrique, en concurrence directe avec l'Egypte, l'Afrique du Sud et quelques autres économies », a commenté Mahmoud El Said, évoquant les potentialités du marché nigérian pour Wasla.

Il y a deux ans environ, soit en décembre 2019, Wasla annonçait la levée d’un financement d’amorçage de 1 million $, négocié avec trois investisseurs pour renforcer son équipe de travail et développer de nouveaux produits financiers.

Au-delà du capital, l’égyptien Contact Financial Holding apportera à Wasla son expérience dans les secteurs de la technologie et du crédit à la consommation, à travers sa plateforme d’évaluation de crédit et de recouvrement. Ces mécanismes devraient permettre à Wasla d’élargir les possibilités de financements à l’endroit de sa clientèle. En décembre 2021, Sherif Makhlouf, directeur général de la société de conseil Boost indiquait que les transactions de commerce électronique en Egypte ont atteint l’équivalent de 5 milliards $ en 2021.

Chamberline Moko

 

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Depuis 2010, le Malawi est engagé dans le développement de son système financier. Trois stratégies nationales y ont déjà été consacrées. Pour la période 2022-2026, le pays fait du numérique un atout majeur.

Le gouvernement du Malawi a signé un accord de subvention d’une valeur de 14,2 millions $ avec le Fonds africain de développement (FAD) – guichet de prêt à taux concessionnels du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) –, le jeudi 10 février, pour développer un écosystème numérique de paiement efficace. Cela passera par plusieurs actions, notamment l’extension du réseau Internet, la numérisation d’un plus grand nombre de moyens de paiement, le développement de l’interopérabilité des systèmes de paiement, l’introduction de solutions de paiement numérique dans divers secteurs comme l’agriculture.

L’écosystème numérique efficace que les autorités malawites veulent développer a pour objectif une plus large inclusion financière dans le pays, en particulier pour les femmes, les jeunes et les habitants des zones rurales. Il permettra également des transactions commerciales efficaces, offrant aux petites entreprises la possibilité d'accéder à de nouveaux marchés nationaux et internationaux.

Le financement obtenu par le Malawi rentre dans le cadre de son projet d'appui à la numérisation, à l'inclusion financière et à la compétitivité (DFIC) approuvé en décembre 2021 par la BAD. Sosten Alfred Gwengwe, le ministre malawite des Finances et des Affaires économiques, a expliqué que « le projet DFIC est aligné sur la stratégie d’économie numérique du Malawi (2021-2026) et la troisième stratégie nationale pour l’inclusion financière (2022-2026) ; les deux contribuent à la réalisation de l’objectif à long terme du Malawi de création d'une richesse pour tous soutenue par un système financier inclusif et une économie numérique ».

A travers son soutien au projet DFIC, la BAD veut favoriser un accroissement de l’inclusion financière au Malawi, de 58 % en 2019 à 65% en 2025 (avec 42 % de femmes et 37 % de populations rurales) ; contribuer à l'amélioration du classement du Malawi dans l'Indice de compétitivité mondiale (ICM), de 5,7 % en 2019 à 7 % en 2025.

La Banque veut aussi contribuer à l’augmentation du taux de pénétration en ce qui concerne les exportations (nombre de marchés) de 79 % (2018) à 100 % (2025) ; et à l'augmentation du volume des exportations de 31 % du PIB en 2019 à 35 % en 2025 ; améliorer la contribution des technologies de l'information et de la communication (TIC) au PIB, de 5,7 % en 2019 à 7 % en 2025. 

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi : Les autorités ghanéennes investissent avec l'aide de la Banque mondiale dans la mise en place d'un écosystème digitalisé

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Un an après l’obtention d’un premier investissement de 4 millions $, Stitch obtient des financements plus importants pour se déployer davantage en Afrique, en élargissant ses services et en recrutant davantage pour agrandir son équipe.

Active en Afrique du Sud et au Nigeria, Stitch a annoncé, ce lundi 14 février, avoir mobilisé de nouveaux financements, 21 millions USD, pour son développement. L’entreprise, qui développe des solutions financières numériques principalement pour les fintechs, prévoit d’utiliser ces capitaux pour lancer des services financiers pour ses clients dans ses deux principaux marchés, recruter pour agrandir son équipe, et aussi préparer son projet d’expansion dans de nouveaux marchés comme le Ghana, le Kenya et l’Egypte.

Stitch qui conçoit des solutions de paiement à moindre coût, moins sujet à la fraude pour des Fintechs, agrégateurs de paiement, société d’e-commerce, affirme avoir lancé ses activités avec une équipe réduite de 3 ingénieurs et très peu de ressources. Recruter permettrait ainsi à l’entreprise d’étoffer son offre, mais aussi de constituer une équipe qui soutiendra son développement sur le continent.

« Nous sommes reconnaissants d’être soutenus par certains des principaux investisseurs et constructeurs de Fintechs au monde. Nous sommes enthousiastes à l’idée de relever le défi qui nous attend », a commenté Stitch sur sa page LinkedIn.

En février 2021, Stitch rendait publique la levée d’un financement de 4 millions $ utilisé pour développer ces solutions financières et son équipe. Ce nouveau financement en fonds propres a été obtenu auprès d’un consortium d’investisseurs majoritairement étrangers, qui pour certains avaient déjà investi par le passé au sein de Stitch. Parmi ces derniers, on retrouve The Spruce House Investment, PayPal Ventures, CRE Venture Capital, Village Global, tous domiciliés aux Etats-Unis.

Stitch, qui s’est lancé au Nigeria en octobre 2021, a été motivé par les nombreux atouts de ce pays d’Afrique de l’Ouest anglophone. « Le Nigeria n'est pas seulement l'un des pays les plus peuplés au monde, mais aussi l'un des écosystèmes fintech les plus denses et les plus dynamiques. Il devient rapidement une plaque tournante pour les talents en ingénierie et en produits et un marché incontournable pour les fintechs », indiquait alors Kiaan Pillay (photo), directeur général de Stitch, lors du démarrage de ses activités au Nigeria.

Dans un article publié en octobre 2021, Stitch relevait que le sous-investissement dans la formation des développeurs et les infrastructures ont entravé la croissance rapide d’un écosystème fintech en Afrique. Or, poursuit l’entreprise, le continent dispose d’avantages (la possession de smartphones et la culture numérique en hausse) qui pourraient libérer le potentiel de ce marché.

Chamberline Moko

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