En 2023, le groupe Orange a lancé Lead the future, un nouveau modèle d’entreprise guidé par la responsabilité et l’efficacité. Une dynamique qui redéfinit les frontières entre performance économique et impact social, et dont les retombées visibles se multiplient au fil des ans dans ses différents marchés, notamment en Afrique.

Le 5 juin 2025, Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA) a célébré le premier anniversaire d’Orange Engage for Change, son programme d’initiatives sociales et environnementales visant à valoriser les actions à impact positif d’OMEA tout en donnant l’opportunité à ses salariés de s’engager concrètement et d’avoir un impact positif direct au bénéfice des populations et des territoires. Ce programme innovant, qui valorise les initiatives d’OMEA via la Fondation Orange, les Orange Digital Centers, les Villages Orange et d’autres projets, a été déployé simultanément dans ses 17 marchés. Une première sur le continent. L’initiative pionnière qui mobilise chaque salarié autour des enjeux sociétaux et environnementaux majeurs des territoires dans lesquels le groupe est implanté, a ainsi vu la participation de 5676 salariés depuis son lancement en 2024 soit près d’un tiers de son effectif total. Ils ont pris part à des actions du groupe sur le terrain en partageant leurs expériences, compétences et soutien dans les domaines de l’éducation, du numérique, de l’environnement et de la solidarité sociale. Chaque collaborateur d’OMEA a consacré trois jours de travail par an, octroyés par son entité, à des missions solidaires regroupées dans plus de 280 opportunités d’engagement, recensées sur la plateforme https://engageforchange.orange.com/fr, dédiée au programme.

Lors du lancement du programme en 2024, Asma Ennaifer, Directrice Exécutive RSE, ODC et de la Communication d’Orange Middle East and Africa, expliquait qu’Orange Engage for Change est née de la volonté de « fédérer nos équipes autour de valeurs partagées. Chaque initiative, chaque action menée par nos salariés témoigne de notre capacité collective à apporter des changements significatifs ».

Le secteur de l’éducation a été le plus dynamique avec 123 opportunités d’engagements proposées aux collaborateurs dont 54 pour l’acquisition de compétences numériques. Sur l’investissement d’OMEA dans le développement des compétences en particulier, la société télécoms estime que « l’inclusion numérique est l’un des leviers d’action les plus puissants pour réduire les inégalités et renforcer l’autonomie des individus. Chez Orange, nous sommes convaincus que le numérique doit être un facteur d’égalité des chances, pas de fracture. C’est pourquoi nous avons intégré cette priorité au cœur d’Orange Engage for Change, notre programme d’engagement solidaire. Agir pour l’inclusion numérique, c’est agir concrètement pour un progrès partagé et durable, en phase avec notre mission d’opérateur responsable ». Le domaine de l’environnement quant à lui a proposé 53 opportunités d’engagement pour les salariés d’Orange en Afrique et au Moyen-Orient.

Des initiatives locales, un impact global

Le succès que rencontre le programme Orange Engage for Change repose en grande partie sur son ancrage local. Les missions d’Orange proposées sont en lien avec les besoins identifiés par les filiales et les Organisations non gouvernementales (ONG) partenaires, assurant une pertinence maximale. En Côte d’Ivoire, 150 volontaires ont contribué, en collaboration avec un partenaire local, à reboiser 30 hectares dans la forêt d’Azaguié. Au Mali, 350 volontaires ont planté 1000 arbres et contribué à la mise en œuvre d’actions pour créer un parc urbain dédié aux enfants. A Madagascar, 240 volontaires ont contribué à une opération de sensibilisation sur la lutte contre le réchauffement climatique auprès de 1200 élèves dans chacune des 24 zones du pays. Au total, les actions menées couvrent un large éventail de domaines — éducation, culture, inclusion numérique, environnement, santé — reflétant la richesse et la portée des engagements proposés. Cette diversité d’actions s’inscrit dans une vision plus large : faire du numérique un levier d’inclusion, mais aussi promouvoir une responsabilité sociétale à tous les niveaux.

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Des millions de vies touchées

Les actions sociales d’Orange à travers l’Afrique et le Moyen-Orient, sur une année, ont eu un impact direct ou indirect sur la vie de plus de 18 millions de personnes. A travers plusieurs centaines de missions, des milliers d’enfants et de jeunes ont participé à des sessions de codage au sein du réseau Orange Digital Centers, des porteurs de projets ont vu leurs compétences développées lors de sessions de mentorat, des centaines de femmes rurales ont assisté à des ateliers de formations à diverses compétences dans les maisons digitales. Des opérations d’assainissement urbain comme le ramassage d’ordures, curage de caniveau, recyclage de déchets électroniques, construction de toilettes modernes dans des écoles, installation de points d’eau potable dans des communautés, remises de médicaments dans les centres de détention, etc. ont été exécutées.

En République démocratique du Congo par exemple l’hôpital général de référence Kisenso à Kinshasa, s’est vu doter d’équipements de stockage d’eau et d’énergie électrique pour améliorer le cadre de travail des soignants et de prises en charge des malades. En Guinée, au Sénégal, au Burkina Faso ou encore au Cameroun, des kits numériques ont été offerts à diverses écoles de localités rurales ou défavorisées afin d’améliorer l’accès des jeunes apprenants à des ressources pédagogiques plus riches. Au Botswana, à Madagascar ou encore en Guinée- Bissau, plusieurs initiatives ont été menées dans les Maisons Digitales pour développer les compétences des femmes dans l’entrepreneuriat et renforcer leur autonomie.

Hélène Ndogmo, ménagère et membre de l’association des veuves de Douala 5ème, fait partie de celles qui ont découvert l’artisanat numérique grâce aux ateliers organisés par Orange Cameroun. Elle a appris à concevoir des créations via un logiciel de dessin, à les fabriquer avec une machine à découpe laser. « Je suis très fière de cette formation. Avant, quand je voyais les ordinateurs, je me disais que ce n’était que pour les grands étudiants alors que c’étaient aussi pour des mamans âgées comme moi », explique-t-elle.

En République centrafricaine, Noelle Jessica Gandou, élève de terminale G2 au lycée Technique de Bangui, est l’une des bénéficiaires de l'opération d'assainissement menée par une équipe d'Orange Centrafrique. Suite à cette opération qui s’est traduit par le ramassage des déchets papier et plastique abandonnés, le défrichage et l’entretien des espaces verts, l’assainissement des lieux pour lutter contre le paludisme et les insectes nuisibles, l’adolescente a exprimé sa satisfaction de voir « notre terrain de jeu propre et notre aire de rassemblement embellie par des fleurs, qui offriront une vue magnifique dans quelques mois ».

Des collaborateurs transformés

L’un des effets attendus de ce programme réside dans la transformation observée chez les collaborateurs eux-mêmes. Participer à des missions de terrain leur a permis de développer un nouveau regard sur leur rôle au sein de l’entreprise et de renforcer leur sentiment d’utilité sociale.

Jacqueline Diomandé, acheteuse chez Orange Côte d’Ivoire, juge le programme Orange Engage for Change nécessaire. « C’est une très belle initiative. Ce n’est pas évident pour nous qui sommes au bureau cinq jours sur sept de trouver le temps de sortir et de rendre service à l’humanité que nous-mêmes nous contribuons à détruire à travers nos usages quotidiens », explique-t-elle.

A Madagascar où 563 collaborateurs se sont engagés, Domoina Randriamananoro, Chargé PMO logistique Technique, s’est mobilisée avec d’autres collègues dans la préparation et la remise de paniers aux enfants dans les hôpitaux. Son action, elle l’a justifiée par son envie de se « faire plaisir en aidant et en étant solidaire en même temps. Le plaisir de donner et de recevoir une satisfaction en retour. Les actions humanitaires menées par notre entreprise sont diverses et variées. Je suis fière de pouvoir apporter ma petite contribution en rendant service et de m’associer avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs ». 

Prisca Mihanta Randrianarisoa, chef de publicité, également à Orange Madagascar, a participé à une initiation à une éducation numérique pour les élèves de l’école publique d'Ambohidratrimo. « Je leur ai appris à utiliser des tablettes, ce qui est bénéfique pour leurs études et les prépare pour leur futur », s’est-elle réjoui.   

 « Participer à la reforestation a été une expérience unique. Cela renforce le lien entre collègues et notre engagement envers l’environnement. », a déclaré quant à lui Omar Al-Majali, d’Orange Jordanie

Vers une montée en puissance du programme

Fort du succès de cette deuxième édition, Orange prévoit de renforcer et d'élargir le programme. L'objectif est de mobiliser un salarié sur deux dans Orange Engage for Change, pour une implication accrue de l’ensemble des équipes dans des actions à fort impact sociétal. Avec son nouveau programme d’action sociale, OMEA ne se limite plus à soutenir des causes : il implique activement ses collaborateurs dans une démarche de transformation sociale. Ce modèle repose sur la conviction que les grandes entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la construction de sociétés plus justes et résilientes. Cependant, l’un des grands défis de ce déploiement d’envergure d’OMEA sera de garantir que les projets soutenus continuent à porter leurs fruits après l’intervention de ses collaborateurs.

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Posted On lundi, 07 juillet 2025 01:33 Written by

Chaque week-end, la rédaction de We Are Tech Africa vous rappelle les principales informations de la semaine dans le domaine du numérique en Afrique, ainsi que leurs implications.

La CEDEAO place l'éducation numérique au cœur de ses priorités

Réunis à Dakar, les députés de la CEDEAO ont plaidé pour une intégration renforcée du numérique dans l’éducation via un Pacte régional sur l’IA éducative. Ils appellent à améliorer l’accès à Internet, à promouvoir l’innovation locale et à mutualiser les ressources, en lien avec la Stratégie numérique 2024–2029 et le projet WARDIP.

Sénégal : Visa s’engage à investir dans le New Deal Technologique

Le Sénégal renforce sa coopération avec Visa pour moderniser ses paiements numériques. Un groupe de travail sera mis en place pour lancer des projets pilotes soutenant la digitalisation des services publics. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du New Deal Technologique visant à faire du pays un hub d’innovation numérique.

Cybersécurité : l'Algérie veut adapter le cadre réglementaire

L’Algérie veut adapter son cadre juridique aux défis de la cybersécurité et de l’IA. Le président de l’APN appelle à une législation plus flexible, tout en protégeant les droits. Malgré une bonne base légale, des efforts restent nécessaires pour renforcer les capacités, former les talents et structurer les institutions.

Bénin : l’ASIN conclut trois accords clés pour accélérer la transformation numérique

En marge du Cyber Africa Forum 2025, le Bénin a signé trois accords clés pour renforcer son écosystème numérique. Ces partenariats portent sur la cybersécurité, la gouvernance des données et la création d’un laboratoire d’innovation. Ils visent à stimuler l’inclusion, la formation et la souveraineté technologique du pays. 

Côte d’Ivoire : un appel à la création d'un fonds de 178 millions $ pour les start-up

La Côte d’Ivoire lance un appel aux investisseurs pour créer un fonds de 100 milliards FCFA en soutien aux start-up locales. L’objectif est de pallier le manque de financement privé et stimuler l’écosystème entrepreneurial, dans le cadre du Startup Act et de la stratégie Côte d’Ivoire Numérique 2030.

Posted On samedi, 05 juillet 2025 09:14 Written by

Face aux mutations technologiques mondiales, le Maroc fait le pari de l’intelligence artificielle pour moderniser ses services, stimuler son économie et renforcer sa position comme hub numérique régional.

Le Maroc a clôturé, le jeudi 3 juillet, les premières Assises nationales de l’intelligence artificielle, organisées à Rabat sous la présidence de la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à droite). À cette occasion, neuf protocoles d’accord ont été signés avec des partenaires nationaux et internationaux, affirmant la volonté du royaume de faire de l’intelligence artificielle un levier de développement, de souveraineté numérique et d’inclusion.

Parmi les principaux accords figurent notamment des partenariats avec plusieurs ministères marocains : celui de l’Éducation nationale, pour intégrer le numérique dans les programmes scolaires ; celui de l’Inclusion économique, en vue d'exploiter le potentiel de l’IA pour stimuler l’emploi ; et celui de la Transition énergétique, pour promouvoir le déploiement de centres de données durables. Un autre protocole a été conclu avec l’Université Mohammed VI Polytechnique afin de renforcer la souveraineté numérique et former des compétences nationales.

D’autres partenariats ont été signés avec le Crédit Agricole du Maroc, pour favoriser l’inclusion numérique en milieu rural ; avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour promouvoir une numérisation inclusive en Afrique et dans le monde arabe ; avec l’Organisation de la Coopération Numérique (DCO), pour développer des infrastructures numériques durables ; ainsi qu’avec l’initiative internationale « Current AI » pour défendre une intelligence artificielle éthique, inclusive et sécurisée. Un centre d’excellence baptisé Al Jazari Institute verra également le jour à Nador, avec pour mission de former, innover et intégrer l’IA dans les secteurs stratégiques de l’économie marocaine.

Ces engagements s’inscrivent dans la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui vise à transformer le pays en hub numérique régional. Cette feuille de route ambitieuse prévoit la création de 240 000 emplois directs dans le secteur du numérique à l’horizon 2030, la généralisation des services publics dématérialisés et la structuration d’une économie digitale robuste. L’intelligence artificielle y est identifiée comme un pilier stratégique, intervenant dans de nombreux domaines : éducation, inclusion, santé, agriculture, énergie ou encore administration.

À travers ces accords, le Maroc ambitionne une montée en compétences de ses ressources humaines, une dynamisation de son tissu économique, notamment des TPE, PME et start-up, ainsi qu’une amélioration de la qualité des services publics par l’adoption des technologies d’IA. La priorité est donnée à la formation, à la recherche appliquée, au développement de contenus pédagogiques numériques et à la création de plateformes d’analyse du marché de l’emploi. Une attention particulière est également accordée à l’égalité des chances, à l’inclusion des zones rurales, ainsi qu’à la durabilité environnementale des infrastructures numériques.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 04 juillet 2025 09:39 Written by

Les autorités mauritaniennes souhaitent intégrer les technologies de l'information et de la communication afin d'améliorer le système éducatif national. Une stratégie de transformation numérique du secteur est actuellement en cours d'élaboration.

Le gouvernement mauritanien a lancé le mardi 1er juillet un service numérique dédié aux parents d’élèves. Il s’agit d’une nouvelle étape de franchie dans le cadre de la transformation numérique du secteur éducatif national.

Dénommé « Siraj », le service est disponible sur le portail gouvernemental de services numériques « Khidmati ». Couvrant environ 1,2 million d’élèves, Siraj permet aux parents de consulter la liste des manuels scolaires requis pour leur enfant, de suivre la présence ou les absences enregistrées, de consulter les moyennes annuelles de l’élève à chaque étape de sa scolarité, de soumettre une demande de transfert vers un autre établissement et de localiser l’école sur une carte géographique interactive.

En début d’année, les acteurs du secteur éducatif ont lancé l’élaboration d’une feuille de route pour la transformation numérique du système éducatif national. Parallèlement, les autorités travaillent sur un dispositif innovant de numérisation des diplômes, afin de moderniser leur délivrance et d’en renforcer l’authenticité. Elles envisagent également de mettre en place une plateforme numérique dédiée à la formation continue des enseignants du cycle fondamental, équivalent du primaire. En octobre 2024, la Mauritanie avait déjà annoncé l’introduction des manuels scolaires numériques.

Selon les autorités, le service Siraj vise à impliquer activement les parents dans le suivi du parcours scolaire de leurs enfants, afin de renforcer le rôle de la famille dans l’amélioration des performances scolaires. Cette ambition est confirmée par l’UNESCO dans son rapport « Edtech And Parental Engagement » publié en 2023. L’organisation onusienne estime qu’il y a un fort potentiel pour que les technologies éducatives soient progressivement utilisées afin d’aider les parents à s’impliquer dans l’apprentissage de leurs enfants. Le rapport explique que cela est associé à la fois à une meilleure préparation à l’école et à de meilleurs résultats académiques.

Toutefois, une étude de l’UNESCO montre que plusieurs défis sont apparus lors de la planification et de la mise en œuvre des interventions technologiques visant à impliquer les parents au Kenya. Il s’agit notamment du manque d’implication, du manque de compétences numériques chez les parents et de l’insuffisance des infrastructures numériques. Par exemple, il faudra que les parents d’élèves disposent d’appareils pouvant accéder à Internet (smartphones, tablettes, ordinateurs…) et qu’ils puissent acheter les forfaits pour se connecter, à condition qu’ils résident dans une zone couverte par le réseau. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime le taux de pénétration de l’Internet en Mauritanie à 37,4 % en 2023.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 03 juillet 2025 13:41 Written by

L’intégration des technologies numériques dans les systèmes éducatifs africains est souvent présentée comme une solution miracle pour remédier aux fragilités structurelles du secteur. La CEDEAO veut en faire un levier stratégique au service de sa jeunesse.

Réunis à Dakar depuis le 30 juin, les députés du Parlement de la CEDEAO participent à une session conjointe de la Commission mixte Éducation, Science et Culture / Santé / Télécommunications et Technologie de l’information, autour du thème « Prioriser les technologies de l’éducation et l’innovation dans l’espace CEDEAO ». L’objectif est d’accélérer l’intégration du numérique dans les systèmes éducatifs ouest-africains, afin de répondre aux défis d’une jeunesse majoritaire et de préparer les compétences du 21ᵉ siècle.

Au cœur des échanges, une proposition majeure a été mise en avant : la création d’un Pacte ouest-africain pour une intelligence artificielle éducative, éthique et souveraine. Inspirée des lignes directrices de l’Union africaine, cette initiative vise à garantir une utilisation responsable de l’IA dans l’éducation, à promouvoir des contenus numériques multilingues et inclusifs, et à renforcer la formation des enseignants par le biais d’un réseau régional de laboratoires EdTech.

Par ailleurs, pour dynamiser la numérisation de l’éducation dans l’ensemble de la région, les députés ont insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’électricité et à Internet dans les établissements scolaires, de recenser les plateformes numériques existantes, d’encourager l’innovation locale au sein des écoles et universités, ainsi que de renforcer la coopération régionale afin de faciliter un partage efficace des ressources numériques.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie numérique 2024–2029 de la CEDEAO, adoptée en octobre 2024, qui fait des TIC et de l’éducation numérique des leviers centraux de croissance, d’inclusion et de souveraineté régionales. Elle est également portée par le projet régional WARDIP (West Africa Regional Digital Integration Project), financé à hauteur de 10,5 millions de dollars par la Banque mondiale, qui ambitionne d’améliorer la connectivité, de favoriser un marché numérique intégré et de soutenir le développement des services publics en ligne.

Sur le terrain, plusieurs pays membres, notamment le Sénégal et le Nigeria, ont déjà lancé des plateformes d’apprentissage en ligne et distribué des tablettes dans les zones rurales, conformément aux recommandations de l’Union africaine pour une éducation numérique inclusive. La CEDEAO entend désormais élargir ces efforts à l’échelle régionale, à travers des programmes transnationaux d’e-apprentissage et la mise en place d’un fonds dédié à la réduction de la fracture numérique éducative.

Avec environ 63 % de sa population âgée de moins de 25 ans, selon des données régionales de 2019, l’espace CEDEAO est confronté à un impératif démographique qui renforce la nécessité de développer dès aujourd’hui les compétences numériques adaptées au marché du travail de demain. L’Union africaine, dans sa Stratégie de l’éducation numérique publiée en 2023, estime que 60 millions de dollars seront nécessaires sur les cinq prochaines années pour financer des programmes structurants d’éducation numérique à l’échelle régionale.

Ces investissements doivent non seulement améliorer l’employabilité des jeunes et stimuler l’innovation EdTech, mais aussi contribuer à réduire les inégalités, favoriser la mobilité académique et renforcer la souveraineté technologique de l’espace CEDEAO.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 03 juillet 2025 12:40 Written by

Depuis l’adoption de sa stratégie numérique, le Sénégal multiplie les partenariats visant à accélérer sa transformation numérique. L’engagement récent de Visa illustre la volonté du pays de renforcer son écosystème financier et d’innover pour une inclusion numérique.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a reçu en audience le mercredi 2 juillet une délégation de la société Visa, conduite par Ismahill Diaby, vice-président et directeur général pour l’Afrique de l’Ouest, centrale francophone et lusophone. Cette rencontre marque une étape supplémentaire dans les relations entre le Sénégal et la société mondiale des technologies de paiement.

Au cœur des échanges figuraient les opportunités de renforcement de l’infrastructure de paiement numérique au Sénégal, le soutien à la digitalisation des services publics, ainsi que l’élargissement de l’accès aux solutions de paiement modernes comme le sans contact ou les paiements mobiles. Les deux parties ont convenu de la création d’un groupe de travail conjoint chargé d’identifier des projets prioritaires et de lancer des initiatives pilotes à fort impact économique et social.

Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du New Deal Technologique, une stratégie numérique ambitieuse lancée par le gouvernement sénégalais en février dernier, avec pour objectif de faire du pays un pôle d’innovation numérique en Afrique.

Présente au Sénégal depuis 2001, Visa travaille déjà avec les banques, les opérateurs télécoms, les fintechs et les autorités pour moderniser les systèmes de paiement et promouvoir l’inclusion financière. L’entreprise ambitionne aujourd’hui d’accélérer cette dynamique, en soutenant notamment la numérisation des paiements publics et en collaborant avec des start-up locales pour concevoir des solutions adaptées au marché sénégalais.

À travers ce partenariat, le Sénégal entend tirer parti de l’expertise technologique de Visa pour accroître ses recettes publiques, réduire l’informalité, stimuler l’économie numérique et renforcer sa souveraineté financière. Autant d’objectifs qui rejoignent les axes stratégiques du New Deal Technologique, notamment en matière de transformation numérique de l’administration, de développement de l’économie numérique locale et de modernisation des infrastructures de paiement.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 03 juillet 2025 08:52 Written by

Au Maroc, l’agriculture occupe une place importante dans l’économie. Elle représente près de 12 % du produit intérieur brut et emploie environ 30 % de la population active. Le pays privilégie désormais la technologie pour transformer l’organisation de ce secteur.

La semaine dernière, le ministère marocain de l’Agriculture a conclu un accord d’investissement de 22 millions USD avec Jungnong, filiale hongkongaise de China Agricultural Development Group. L’objectif est de déployer des outils d’agriculture de précision dans les régions semi-arides du pays, particulièrement touchées par la sécheresse et les défis liés à la gestion de l’eau.

Le projet prévoit l’implantation de plateformes numériques pour la gestion de la nutrition des sols, des systèmes de surveillance à distance et des solutions d’optimisation en temps réel de l’irrigation et de la fertilisation des cultures. Selon les simulations communiquées par Jungnong, ces technologies pourraient permettre d’augmenter les rendements agricoles de plus de 20 % par hectare. Cette estimation devra toutefois être confirmée par des essais sur le terrain et des évaluations indépendantes, une exigence régulièrement soulignée par les experts du secteur.

Au-delà de la technologie, le partenariat prévoit la création d’un centre de formation dédié à l’agriculture intelligente. L’objectif est de former plusieurs centaines de travailleurs marocains aux nouveaux métiers de la technologie agricole, dans un secteur où 70 % des exploitations sont de type familial, selon le Conseil économique, social et environnemental du Maroc.

Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale « Génération Green 2020–2030 », qui fait de la digitalisation et de la montée en compétences des acteurs ruraux des axes majeurs de transformation. Le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, décrit cette initiative comme « un modèle de développement intégré qui fusionne la technologie et l’impact social ».

Si le modèle marocain s’avère concluant, il pourrait inspirer d’autres pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) confrontés aux mêmes défis de productivité, de gestion de l’eau et de résilience climatique. Cependant, la réussite du projet dépendra toutefois de la capacité de Jungnong à adapter ses solutions aux contraintes locales, à garantir un transfert de compétences effectif et à assurer un impact mesurable sur les rendements et la sécurité alimentaire.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 02 juillet 2025 11:37 Written by

L’accélération de la transformation numérique s’accompagne d’une augmentation significative des risques. À titre d’exemple, l’Algérie a enregistré plus de 70 millions de cyberattaques en 2024, selon le rapport de Kaspersky.

L’Algérie doit moderniser son cadre réglementaire afin de l'adapter aux évolutions technologiques et d'assurer la répression de la cybercriminalité, notamment. C’est ce qu’a déclaré Brahim Boughali (photo), président de l'Assemblée populaire nationale (APN), le lundi 30 juin lors d’une journée parlementaire consacrée à la responsabilité juridique dans la cybercriminalité et l’intelligence artificielle.

Selon M. Boughali, l’évolution rapide du cyberespace impose une révision sérieuse des mécanismes législatifs pour mieux faire face aux nouvelles menaces numériques. Il a souligné l’importance d’un équilibre entre la protection des droits et libertés des citoyens et la nécessité de lutter efficacement contre la cybercriminalité. Il a également insisté sur la nécessité d’un cadre juridique flexible, capable d’anticiper les défis futurs liés à l’IA, tout en respectant les principes constitutionnels et les standards internationaux en matière de protection des données et de souveraineté numérique.

Ce besoin d’adapter les textes législatifs va de pair avec les efforts de l’exécutif pour renforcer la sécurité du cyberespace national. L’Algérie souhaite notamment renforcer sa coopération avec la Corée du Sud, reconnue comme un modèle en cybersécurité selon les critères de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays s’est aussi rapproché de la Russie pour avancer dans ce domaine. Par ailleurs, l’Algérie élabore une stratégie nationale de cybersécurité. Une école dédiée à la cybersécurité a été créée en 2024, et cette thématique est désormais intégrée aux formations en TIC destinées aux jeunes, notamment à travers les « Skills Centers » déployés à travers le pays.

L’UIT indique pourtant que l’Algérie a un cadre légal bien en place, ayant attribué un score de 19,18 sur 20 au pays dans ce pilier de l’indice global de cybersécurité. Il reste encore des progrès à faire pour renforcer les moyens techniques, structurer les institutions, former les compétences et développer les partenariats nécessaires pour une cybersécurité efficace. Le pays a eu un score global de 65,87 sur 100, ce qui lui a permis d’être classée dans la troisième catégorie sur cinq.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 02 juillet 2025 10:07 Written by

A l’instar de plusieurs pays africains engagés dans la transition numérique, le Burundi renforce sa cybersécurité. Dans ce contexte, le recours à une expertise de premier plan s’avère indispensable.

Le gouvernement du Burundi, à travers le Secrétariat Exécutif des Technologies de l’Information et de la Communication (SETIC), a lancé le lundi 30 juin un appel à candidatures pour le recrutement d’un expert-consultant international spécialiste en cybersécurité. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui aux Fondations de l’Économie Numérique (PAFEN), financé par l’Association internationale de développement (IDA) à hauteur de 92 millions de dollars.

L’expert recruté accompagnera le SETIC dans la mise en œuvre de projets stratégiques de numérisation des services publics, avec un accent particulier sur la sécurité des infrastructures TIC gouvernementales. Il apportera un appui technique et stratégique dans la conception, le déploiement et la migration des systèmes d’information, tout en veillant au respect des normes internationales en matière de cybersécurité.

Parmi ses missions principales figurent l’élaboration d’un plan stratégique de sécurisation des infrastructures, la réalisation d’audits de sécurité, l’évaluation des risques, ainsi que le renforcement des capacités des équipes techniques du gouvernement. Il devra également contribuer à la mise en œuvre de la stratégie nationale de cybersécurité, en coordination avec les parties prenantes concernées.

Ce poste, d’une durée de douze mois à temps plein, avec possibilité de télétravail, est ouvert aux professionnels justifiant d’au moins dix ans d’expérience dans le domaine, dont cinq en contexte gouvernemental. Les candidats doivent posséder un diplôme de niveau master en cybersécurité, sécurité de l'information, technologies et systèmes d'information ou domaine équivalent, ainsi qu’au moins une certification reconnue (CISSP, CISM, ISO 27001, etc.).

Le consultant produira plusieurs livrables clés, dont un rapport d’évaluation de la posture sécuritaire du SETIC, une feuille de route pour la cybersécurité, des politiques de sécurité actualisées et des modules de formation destinés aux agents publics.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel du projet : www.pafen.gov.bi.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 02 juillet 2025 09:44 Written by

Dans le cadre de ses ambitions de transformation numérique, le Bénin mise sur des partenariats stratégiques. L’objectif est de renforcer la cybersécurité, stimuler l’innovation et former les talents de demain.

En marge de la cinquième édition du Cyber Africa Forum (CAF), tenue à Cotonou la semaine dernière, l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), bras opérationnel du gouvernement béninois dans le secteur du numérique, a signé trois accords majeurs visant à renforcer l’écosystème technologique national.

« Le CAF 2025 était le cadre parfait pour signer ces trois partenariats. Le Bénin, à l’image des autres pays africains, s’engage vraiment dans une dynamique pour devenir producteur de technologie. Nous ne voulons plus être de simples consommateurs de technologie », a déclaré Marc-André Loko (photo), directeur général de l’ASIN.

Deux premiers protocoles ont été conclus respectivement avec l’entreprise sénégalaise Orbus Digital Services (ODS) et la société béninoise Quality Corporate. Ces partenariats visent à consolider l’environnement de la confiance numérique, à travers le renforcement de la cybersécurité, la gouvernance des données et la conformité réglementaire. Une démarche stratégique alors que l’Afrique de l’Ouest enregistre une recrudescence inquiétante des cyberattaques, touchant aussi bien les institutions publiques que les acteurs privés et les citoyens.

Le troisième accord, signé avec l’Institute for Inclusive Digital Africa (IIDiA), soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates, prévoit la création d’un laboratoire d’innovation numérique. Il vise à stimuler l’innovation, à former les talents locaux et à moderniser les services publics, dans une optique d’inclusion numérique et de renforcement des compétences.

Ces accords s’inscrivent dans la stratégie numérique ambitieuse du gouvernement béninois, qui entend faire du digital un levier de croissance inclusive. Selon la GSMA, la numérisation de l’économie béninoise pourrait générer jusqu’à 1 200 milliards FCFA (près de 2,2 milliards USD) de contribution supplémentaire au PIB national d’ici 2028, avec à la clé la création potentielle de plus de 300 000 emplois et une hausse significative des recettes fiscales.

Dans cette perspective, les partenariats récemment signés viennent concrétiser cette ambition, en jetant les bases d’un écosystème numérique plus résilient, innovant et inclusif. Avec ces nouvelles alliances, le Bénin renforce ainsi sa position d’acteur dynamique de l’innovation technologique en Afrique de l’Ouest, en misant sur la confiance numérique, l’inclusion et la montée en compétences locales pour asseoir une souveraineté numérique durable.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 02 juillet 2025 07:26 Written by
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