Le phénomène des nomades numériques, en pleine expansion depuis l’essor du télétravail, ouvre de nouvelles perspectives pour les pays africains. Entre attractivité croissante, infrastructures en développement et politiques encore balbutiantes, le continent pourrait bien devenir un acteur clé de cette nouvelle géographie du travail.

Depuis 2020, le monde du travail connaît une révolution silencieuse, mais profonde. En quelques années, le nomadisme numérique est passé d’un phénomène marginal à une dynamique mondiale, portée par la digitalisation des métiers, l’essor du travail à distance et les aspirations à une vie plus flexible. Si cette tendance a d’abord conquis les grandes capitales occidentales, elle s'étend désormais à l’Afrique qui pourrait capter une manne financière estimée à plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. À condition de s’en donner les moyens.

Un phénomène mondial aux retombées locales

Le nomade numérique, c’est ce travailleur qui, grâce à un ordinateur et une connexion Internet, peut exercer son activité depuis n’importe quelle partie du monde : un freelance en marketing basé à Nairobi pendant six mois, une développeuse sénégalaise qui vit entre Dakar et Bali, ou encore un designer américain installé à Zanzibar, le temps d'un été.

Selon les statistiques 2025 collectées par Nomads.com, la plateforme de la communauté mondiale des nomades numériques, il y a plus de 80 millions de nomades numériques dans le monde. Un chiffre en hausse constante. Leur impact économique est loin d’être négligeable : en moyenne, un nomade numérique gagne 124 000 dollars par an. Il dépense entre 1 000 et 3 000 dollars par mois dans le pays qui l'accueille — hébergement, restauration, loisirs, coworking, transports, etc. Pour les pays hôtes, cela représente une source de revenus directe pour les économies locales, sans les contraintes classiques du tourisme de masse. Les Américains représentent la plus forte communauté de nomades numériques, avec 46 millions d’individus à travers le monde. Près de 88% des nomades numériques à l’échelle mondiale sont originaires de pays situés en dehors de l'Afrique.

Profil type du nomade numérique selon Nomads.com :

Catégorie

Sous-catégorie

Valeur

Âge

 

53 % ont entre 31 et 39 ans

Genre

Hommes

91 %

 

Femmes

7 %

 

Autres genres

2 %

Éducation

 

90 % niveau supérieur

Durée de séjour moyen

Par ville

63 jours

Par pays

167 jours

Revenu annuel moyen

 

124 304 $

Statut professionnel

Salariés à plein temps

38 %

Fondateurs de start-up

18 %

Freelances

18 %

Secteurs dominants (Hommes)

Développement logiciel

35 %

Développement web

28 %

Fondateurs de start-up

28 %

Marketing

16 %

Secteurs dominants (Femmes)

Marketing

16 %

Industrie créative

15 %

Start-up

12 %

Développement logiciel

10 %

Motivations

 

Cadre de travail + escapades en Afrique

 Source : Nomads.com

L’Afrique, une nouvelle frontière

Longtemps ignorée, l’Afrique commence à apparaître sur la carte du nomadisme numérique mondial. Le Cap, Johannesburg, Marrakech, Accra, Dakar, Abuja, ou encore Luanda, Libreville, Cotonou figurent parmi les destinations qui suscitent un intérêt croissant sur le continent. Ces villes attirent une nouvelle génération de télétravailleurs en quête d’authenticité, de coûts de la vie plus accessibles et de connexions humaines fortes. Ces villes proposent une connectivité à haut débit stable, de l’électricité, des cadres de travail et d’hébergement selon des standards adaptés, des services de restauration, de transport et sanitaires. En somme un cadre propice à une expérience alliant efficacité professionnelle et découverte touristique.

Cette dynamique ne concerne pas seulement les étrangers. Une partie croissante de la jeunesse africaine, notamment dans les secteurs du digital (développement web, design, community management, rédaction, etc.), s’éveille, elle aussi, à un mode de vie itinérant, souvent à l’intérieur du continent. Ce nomadisme intra-africain est soutenu par des destinations qui appliquent une exemption totale ou partielle de visa comme le Sénégal, le Bénin, le Kenya, le Ghana ou encore le Rwanda. Des incitations qui redessinent les cartes de la mobilité professionnelle à l’heure de la transformation numérique.

Des milliards de dollars à capter

Selon Newland Chase, fournisseur mondial de services d'immigration et de visas, 35 millions de nomades numériques recensés dans le monde en 2021 ont contribué à une valeur économique globale de 787 milliards de dollars. Faute d’études détaillées sur les perspectives économiques du nomadisme numérique en Afrique, une estimation basée sur une hypothèse modérée de 500 000 nomades numériques étrangers en Afrique dépensant chacun 1000 $ par mois laisse entrevoir que le continent pourrait générer 6 milliards de dollars de retombées économiques par an. En ciblant seulement 2 % du nombre de nomades numériques identifiés dans le monde par Nomads.com en 2025 (environ 80 millions), soit environ 1,6 million de travailleurs, l'Afrique pourrait capter près de 20 milliards de dollars annuellement, via les dépenses directes de ces professionnels. Mais au-delà de cette consommation immédiate, le nomadisme numérique constitue un levier de croissance pour de nombreux secteurs économiques comme l’immobilier locatif de court terme, la restauration et l’hôtellerie, les services Internet, les transports locaux, l’économie des loisirs (randonnées et autres activités sportives ou touristiques). Un potentiel qui pourrait profiter à des milliers de petites entreprises locales, notamment dans les zones urbaines.

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Des initiatives rares, mais prometteuses

Quelques pays africains ont commencé à structurer leur offre pour les travailleurs nomades. En 2020, l’île Maurice a lancé son visa Premium. Les ressortissants de 114 pays y sont éligibles. Le visa est gratuit et valide pour un an renouvelable. Pour l'obtenir, le demandeur doit impérativement prouver que son activité principale et/ou la source de ses revenus se situent en dehors de l'île, afin de ne pas intégrer le marché du travail local. Il doit justifier d’un revenu mensuel d’au moins 1500 dollars.

Pour le Cap-Vert qui a fait du numérique et du tourisme des leviers de croissance économique, le visa pour nomade numérique a été lancé en 2020. Il est valide pour une période de six mois renouvelable. Il est payant. Les nomades numériques au Cap-Vert sont exonérés de l'impôt sur le revenu et de toute autre taxe locale. Le pays n’impose pas de salaire minimum, mais le demandeur de visa doit justifier d’un revenu. Il doit présenter un solde bancaire moyen minimum de 1500 € au cours des six derniers mois précédant la demande de visa.

En 2024, l’Afrique du Sud a adopté le visa de nomade numérique. Il permet à son titulaire de résider sur le territoire pour une durée allant de trois mois à trois ans. Le demandeur doit apporter la preuve sous la forme de relevés bancaires de trois mois qu’il gagne un salaire brut annuel d'au moins 650 796 rands (36 782 dollars).

D’autres pays comme la Namibie ou le Kenya ont également adopté le visa de nomade numérique en 2024 pour attirer des talents internationaux et stimuler l’économie locale. Mais l’Afrique reste à la traîne par rapport à d’autres régions comme l’Amérique latine ou l’Asie du Sud-Est, qui ont compris l’intérêt de proposer des visas pour nomades numériques, des hubs technologiques, des exonérations fiscales, ou des services spécialisés.

Défis à relever

L’Afrique a du potentiel pour capitaliser sur le nomadisme numérique. Le continent affiche un taux de couverture haut débit élevé. Il est de 71% pour la 4G selon l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de 86% pour la 3G. La 5G ne représente encore que 11% de la couverture réseau du continent. Dans la zone urbaine, le taux de couverture 4G est de 73% pour la 4G et de 2% pour la 3G. La 5G couvre déjà 25% de la zone urbaine africaine. Elle est disponible dans les capitales des pays comme l’Afrique du Sud, Sénégal, Maurice, Nigeria, Botswana, Ethiopie ou encore Seychelles, Tunisie, Lesotho. En zone rurale, la couverture de la 4G atteint 49% contre 26% pour la 3G et 14% pour la 2G. Si les grandes villes disposent généralement d’un accès Internet fiable, ce n’est pas encore le cas dans de nombreuses régions secondaires.

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Pour ce qui est du prix du forfait Internet mobile le plus accessible du marché (2GB), il représente 3,9% du revenu national brut mensuel (RNB) par habitant contre 13,4% du RNB pour l’internet fixe (5GB). Ces tarifs sont jugés élevés, car ils dépassent le seuil des 2% du RNB recommandé par la Commission du haut débit pour le développement durable des Nations unies. A l’échelle mondiale, le prix moyen du forfait Internet mobile le plus accessible du marché représente près de 1% du RNB contre près de 2,3% du RNB pour l’Internet fixe.

A ces défis, s’ajoutent des questions de stabilité politique et de sécurité. Les risques d’instabilité dans certaines zones freinent les visiteurs, même si celles-ci sont minoritaires à l’échelle du continent. L’absence de statut clair pour les travailleurs nomades réduit également l’attrait des destinations africaines. Les visas touristiques ne sont pas adaptés à des séjours de longue durée et n’offrent pas les mêmes incitations. Cela suppose qu’il faut intégrer le nomadisme numérique dans les politiques publiques du tourisme, de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes et adopter les politiques à cet effet.

Le nomadisme numérique n’est pas qu’un phénomène de mode ou réservé à une élite occidentale. C’est une mutation profonde du travail mondial, dans laquelle l’Afrique peut jouer un rôle de premier plan, à condition d’anticiper, d’investir et d’innover.

Muriel Edjo

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Posted On mercredi, 09 juillet 2025 02:28 Written by

Les autorités capverdiennes ambitionnent d’augmenter la part du numérique dans le PIB, actuellement estimée à environ 5 %. Pour atteindre cet objectif, elles multiplient les initiatives de coopération internationale. En juin dernier, le pays a discuté de coopération renforcée avec le Portugal.

Le gouvernement capverdien explore un partenariat avec la Corée du Sud dans le domaine de la transformation numérique. À cet effet, une délégation conduite par la Direction générale des télécommunications et de l’économie numérique a récemment effectué une mission technique dans le pays asiatique.

Dans un communiqué publié le lundi 7 juillet, le ministère de l’Économie numérique a expliqué que les discussions entre les deux parties ont notamment porté sur « comment la gouvernance intégrée des données, la numérisation des services publics et la cybersécurité peuvent renforcer la confiance des citoyens, stimuler l’économie numérique et améliorer l’efficacité de l’État ».

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités capverdiennes de faire du numérique un pilier du développement socio-économique au cours des prochaines années. Dans une récente interview avec l'Agence Ecofin, Pedro Lopes, Secrétaire d’État à l’Économie numérique, expliquait par exemple que le numérique peut accélérer la transformation de l’économie malgré les ressources naturelles limitées. « Nous modernisons aussi le tourisme, l’économie bleue et l’agriculture via des solutions numériques, et nous soutenons nos jeunes pour qu’ils créent des start-up compétitives à l’échelle mondiale », avait-il déclaré.

La Corée du Sud apparaît comme un allié pour atteindre ces objectifs. En effet, le pays est considéré par l’Union internationale des télécommunications (UIT) comme un des modèles à suivre au plan mondial en matière de cybersécurité. En ce qui concerne la transformation numérique, le pays est classé quatrième mondial par les Nations unies en 2024 à l’indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI), avec un score de 0,9679 sur 1.

À l’EGDI, le Cap-Vert occupe la 111e place mondiale, avec un score de 0,6238 sur 1. Ce résultat est supérieur à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest, mais reste légèrement en dessous de la moyenne mondiale, qui s’établit à 0,6382. En matière de cybersécurité, le pays figure dans la quatrième catégorie sur cinq, selon le « Global Cybersecurity Index » de l’UIT. Il affiche de bons résultats sur le plan réglementaire, mais doit encore renforcer ses dispositifs techniques et organisationnels, améliorer la coopération internationale et investir dans le développement des compétences humaines.

Il convient toutefois de rappeler que les discussions entre la Corée du Sud et le Cap-Vert n’en sont qu’à leur début. Si les autorités capverdiennes affirment avoir identifié des opportunités concrètes de collaboration future, aucun accord formel n’a encore été signé ni annoncé. Il faudra donc attendre de futurs développements pour évaluer si ce rapprochement débouchera sur un véritable partenariat et mesurer l’impact potentiel.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 09 juillet 2025 02:19 Written by

Le gouvernement camerounais veut faire de l’intelligence artificielle un levier clé de sa transformation numérique. Il adopte une feuille de route ambitieuse pour structurer ce secteur stratégique et en tirer pleinement profit dans tous les pans de l’économie.

La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a dévoilé ce lundi 7 juillet la Stratégie nationale d’intelligence artificielle (SNIA) du Cameroun à l’occasion de la 2e édition des Concertations nationales sur l’IA. Portée par une vision à l’horizon 2040, cette stratégie ambitionne de faire du pays un hub continental en matière d’IA, en misant sur des solutions souveraines, inclusives et durables, ancrées dans les réalités culturelles africaines.

Une vision ambitieuse portée par des objectifs chiffrés

La SNIA entend faire du Cameroun « le hub de référence en intelligence artificielle en Afrique » en misant sur des solutions ancrées dans les valeurs africaines. Parmi les objectifs fixés : former 60 000 talents (dont 40 % de femmes), créer 12 000 emplois directs, faire contribuer l’IA à hauteur de 0,8 à 1,2 % du PIB, et développer 12 solutions IA souveraines à fort impact. Une attention particulière est portée à la diversité linguistique avec la conception de modèles multilingues intégrant les langues nationales.

Sept piliers structurants pour concrétiser la stratégie

Le document stratégique repose sur sept piliers interdépendants. Le premier est celui de la gouvernance et de la souveraineté numérique, avec la création d’une autorité camerounaise de l’IA, d’un Conseil présidentiel pour l’IA et l’élaboration d’une loi-cadre intégrant les enjeux éthiques et les mécanismes de coordination ministérielle. Le deuxième pilier concerne les données et l’infrastructure numérique. Il prévoit la mise en place d’un Data Lake gouvernemental, la numérisation massive des services publics, des normes d’interopérabilité et une politique ciblée d’Open Data.

Le troisième pilier est axé sur une IA multilingue et inclusive, à travers le développement d’un modèle de langage local – le « GPT Cameroun » – et la valorisation des langues nationales par la recherche linguistique et la collecte de données vocales. Le quatrième pilier porte sur l’infrastructure technologique souveraine, avec l’installation de quinze nœuds régionaux d’Edge Computing, alimentés par des micro-réseaux solaires pour renforcer la résilience énergétique.

Le cinquième pilier est dédié à la formation, la recherche et le capital humain, avec la création de cinq centres d’excellence en IA, un objectif de 4000 personnes formées par an, un programme de retour des talents de la diaspora et un soutien accru à la recherche locale. Le sixième pilier, consacré à l’innovation et aux cas d’usage sectoriels, vise à stimuler les start-up à travers des accélérateurs et à promouvoir l’adoption de l’IA dans des domaines clés tels que la santé, l’agriculture, la justice ou encore l’éducation.

Enfin, le septième pilier met l’accent sur la coopération et le rayonnement régional, à travers la création d’un réseau IA pour l’Afrique centrale, le renforcement des partenariats internationaux et l’exportation de solutions numériques « Made in Cameroon ».

Un positionnement à améliorer selon le FMI

Selon l’AI Preparedness Index 2024 publié par le Fonds monétaire international (FMI), le Cameroun obtient un score de 0,34 sur 1, le plaçant dans la moitié inférieure du classement mondial. Le pays reste en retrait sur les infrastructures numériques et l’innovation, mais dispose d’un potentiel intéressant en matière de capital humain. La stratégie nationale entend justement combler ces lacunes en accélérant la mise à niveau réglementaire et en favorisant l’adoption de l’IA dans les services publics.

Avec cette feuille de route, le Cameroun espère s’ancrer dans la dynamique continentale de transformation numérique et tirer pleinement parti des technologies émergentes pour soutenir son développement socio-économique.

Samira Njoya 

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 08 juillet 2025 02:32 Written by

Les autorités burkinabè considèrent les technologies de l’information et de la communication comme un levier essentiel du développement socio-économique. À l’instar de nombreux autres pays africains, elles misent sur la coopération internationale pour atteindre leurs objectifs.

Le gouvernement burkinabè explore des pistes de coopération renforcée avec les États-Unis d’Amérique dans le secteur du numérique. La question était au cœur des discussions la semaine dernière lors d’une rencontre entre Aminata Zerbo/Sabane (photo, à drote), ministre de la Transition digitale, et Joann Lockard (photo, à gauche), ambassadrice des USA au Burkina Faso.

« Le gouvernement du Burkina Faso mène beaucoup d’actions pour soutenir la transition digitale. L'expérience américaine peut être d’un grand apport pour réussir cette transition, notamment dans les domaines de la cybersécurité et du contrôle des données pour protéger les citoyens », a déclaré la diplomate américaine. Elle s’est dite convaincue du potentiel des entreprises américaines dans le secteur du numérique et de leur capacité à accompagner les autorités burkinabè dans leurs projets.

Parmi les projets phares annoncés pour 2025 figurent la finalisation des travaux des data centers, dont l’avancement atteint déjà 70 %, ainsi que l’extension de la couverture des zones blanches à au moins 500 localités supplémentaires. Le ministère prévoit également de renforcer la dématérialisation des services administratifs, de mener un enrôlement massif des populations dans le cadre de l’identification unique électronique et de lancer les travaux du Projet d’accélération de la transformation numérique, dont le budget est estimé à 150 millions de dollars.

Si aucune entreprise spécifique n’a encore été citée dans le cadre de ce rapprochement, ces projets pourraient offrir des opportunités concrètes à plusieurs acteurs américains déjà présents sur le continent. Dans le domaine de l’extension de la couverture réseau, on peut notamment citer American Tower, fournisseur d’infrastructures télécoms, ou encore Starlink pour l’accès Internet par satellite. D’autres entreprises spécialisées dans la transformation numérique, telles que Microsoft, Oracle, Amazon Web Services (AWS), Cybastion ou Cisco, pourraient également s’inscrire dans cette dynamique.

Par ailleurs, les États-Unis figurent parmi les pays les plus avancés en matière de gouvernance numérique. Selon les Nations unies, ils occupent le 19e rang mondial à l’indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) avec un score de 0,9195 sur 1. En matière de cybersécurité, le pays est classé parmi les exemples à suivre par l’Union internationale des télécommunications (UIT), dans son Global Cybersecurity Index 2024. Sur l’indice de développement des TIC en 2025, les États-Unis affichent un score de 97,4 sur 100.

À titre de comparaison, le Burkina Faso se classe 175e mondial à l’EGDI avec un score de 0,2895, bien en dessous de la moyenne mondiale (0,6382). Sur le plan de la cybersécurité, le pays se situe dans la troisième catégorie sur cinq, avec des efforts à poursuivre, notamment pour renforcer les capacités techniques et développer le capital humain.

Il convient toutefois de rappeler que les échanges entre les deux parties n’en sont, pour l’instant, qu’au stade des discussions. Aucun accord n’a encore été signé ni même annoncé officiellement. Il conviendra donc de suivre l’évolution des pourparlers pour évaluer les perspectives concrètes de partenariat et l’engagement effectif des entreprises américaines dans la transformation numérique du Burkina Faso.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 07 juillet 2025 10:41 Written by

Déterminé à faire du numérique un levier de développement et de souveraineté technologique, le Maroc multiplie les initiatives pour former ses talents. La création d’une école d’ingénieurs dédiée à la transition numérique et à l’intelligence artificielle s’inscrit dans cette ambition.

La ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à gauche), a signé le vendredi 4 juillet une convention de partenariat avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui (photo, à droite), et André Azoulay (photo, au centre), président de la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI). Cet accord tripartite porte sur la création de l’École supérieure d’ingénieurs en transition numérique et intelligence artificielle, ainsi que sur le lancement de formations spécialisées dans ces domaines.

Selon le communiqué du ministère chargé du numérique, l’initiative vise à rapprocher l’offre de formation des réalités du terrain, en alignant les parcours académiques sur les besoins des territoires et du tissu économique, ainsi que sur les priorités du développement technologique national.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 » qui vise à former 100 000 jeunes par an d’ici 2030 et à créer 240 000 emplois dans le numérique. Elle fait également suite aux Assises nationales de l’IA tenues la semaine dernière à Salé, où neuf accords ont été signés avec des acteurs publics et privés. Ces Assises ont souligné la nécessité de former les forces vives et d’élaborer une feuille de route nationale pour un usage éthique et responsable de l’IA.

Avec cette école, le Maroc entend former des ingénieurs capables de concevoir et de déployer des solutions numériques innovantes, que ce soit dans les services publics, la santé, l’industrie ou l’éducation. L’objectif est double : répondre aux défis internes tout en préparant les jeunes aux métiers de demain.

Au-delà de la formation, le projet ambitionne aussi de renforcer la souveraineté numérique du pays, de stimuler l’innovation et de positionner le Maroc comme un pôle d’attractivité pour les start-up technologiques et les centres de Recherche et Développement (R&D) régionaux.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 07 juillet 2025 10:18 Written by

En 2023, le groupe Orange a lancé Lead the future, un nouveau modèle d’entreprise guidé par la responsabilité et l’efficacité. Une dynamique qui redéfinit les frontières entre performance économique et impact social, et dont les retombées visibles se multiplient au fil des ans dans ses différents marchés, notamment en Afrique.

Le 5 juin 2025, Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA) a célébré le premier anniversaire d’Orange Engage for Change, son programme d’initiatives sociales et environnementales visant à valoriser les actions à impact positif d’OMEA tout en donnant l’opportunité à ses salariés de s’engager concrètement et d’avoir un impact positif direct au bénéfice des populations et des territoires. Ce programme innovant, qui valorise les initiatives d’OMEA via la Fondation Orange, les Orange Digital Centers, les Villages Orange et d’autres projets, a été déployé simultanément dans ses 17 marchés. Une première sur le continent. L’initiative pionnière qui mobilise chaque salarié autour des enjeux sociétaux et environnementaux majeurs des territoires dans lesquels le groupe est implanté, a ainsi vu la participation de 5676 salariés depuis son lancement en 2024 soit près d’un tiers de son effectif total. Ils ont pris part à des actions du groupe sur le terrain en partageant leurs expériences, compétences et soutien dans les domaines de l’éducation, du numérique, de l’environnement et de la solidarité sociale. Chaque collaborateur d’OMEA a consacré trois jours de travail par an, octroyés par son entité, à des missions solidaires regroupées dans plus de 280 opportunités d’engagement, recensées sur la plateforme https://engageforchange.orange.com/fr, dédiée au programme.

Lors du lancement du programme en 2024, Asma Ennaifer, Directrice Exécutive RSE, ODC et de la Communication d’Orange Middle East and Africa, expliquait qu’Orange Engage for Change est née de la volonté de « fédérer nos équipes autour de valeurs partagées. Chaque initiative, chaque action menée par nos salariés témoigne de notre capacité collective à apporter des changements significatifs ».

Le secteur de l’éducation a été le plus dynamique avec 123 opportunités d’engagements proposées aux collaborateurs dont 54 pour l’acquisition de compétences numériques. Sur l’investissement d’OMEA dans le développement des compétences en particulier, la société télécoms estime que « l’inclusion numérique est l’un des leviers d’action les plus puissants pour réduire les inégalités et renforcer l’autonomie des individus. Chez Orange, nous sommes convaincus que le numérique doit être un facteur d’égalité des chances, pas de fracture. C’est pourquoi nous avons intégré cette priorité au cœur d’Orange Engage for Change, notre programme d’engagement solidaire. Agir pour l’inclusion numérique, c’est agir concrètement pour un progrès partagé et durable, en phase avec notre mission d’opérateur responsable ». Le domaine de l’environnement quant à lui a proposé 53 opportunités d’engagement pour les salariés d’Orange en Afrique et au Moyen-Orient.

Des initiatives locales, un impact global

Le succès que rencontre le programme Orange Engage for Change repose en grande partie sur son ancrage local. Les missions d’Orange proposées sont en lien avec les besoins identifiés par les filiales et les Organisations non gouvernementales (ONG) partenaires, assurant une pertinence maximale. En Côte d’Ivoire, 150 volontaires ont contribué, en collaboration avec un partenaire local, à reboiser 30 hectares dans la forêt d’Azaguié. Au Mali, 350 volontaires ont planté 1000 arbres et contribué à la mise en œuvre d’actions pour créer un parc urbain dédié aux enfants. A Madagascar, 240 volontaires ont contribué à une opération de sensibilisation sur la lutte contre le réchauffement climatique auprès de 1200 élèves dans chacune des 24 zones du pays. Au total, les actions menées couvrent un large éventail de domaines — éducation, culture, inclusion numérique, environnement, santé — reflétant la richesse et la portée des engagements proposés. Cette diversité d’actions s’inscrit dans une vision plus large : faire du numérique un levier d’inclusion, mais aussi promouvoir une responsabilité sociétale à tous les niveaux.

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Des millions de vies touchées

Les actions sociales d’Orange à travers l’Afrique et le Moyen-Orient, sur une année, ont eu un impact direct ou indirect sur la vie de plus de 18 millions de personnes. A travers plusieurs centaines de missions, des milliers d’enfants et de jeunes ont participé à des sessions de codage au sein du réseau Orange Digital Centers, des porteurs de projets ont vu leurs compétences développées lors de sessions de mentorat, des centaines de femmes rurales ont assisté à des ateliers de formations à diverses compétences dans les maisons digitales. Des opérations d’assainissement urbain comme le ramassage d’ordures, curage de caniveau, recyclage de déchets électroniques, construction de toilettes modernes dans des écoles, installation de points d’eau potable dans des communautés, remises de médicaments dans les centres de détention, etc. ont été exécutées.

En République démocratique du Congo par exemple l’hôpital général de référence Kisenso à Kinshasa, s’est vu doter d’équipements de stockage d’eau et d’énergie électrique pour améliorer le cadre de travail des soignants et de prises en charge des malades. En Guinée, au Sénégal, au Burkina Faso ou encore au Cameroun, des kits numériques ont été offerts à diverses écoles de localités rurales ou défavorisées afin d’améliorer l’accès des jeunes apprenants à des ressources pédagogiques plus riches. Au Botswana, à Madagascar ou encore en Guinée- Bissau, plusieurs initiatives ont été menées dans les Maisons Digitales pour développer les compétences des femmes dans l’entrepreneuriat et renforcer leur autonomie.

Hélène Ndogmo, ménagère et membre de l’association des veuves de Douala 5ème, fait partie de celles qui ont découvert l’artisanat numérique grâce aux ateliers organisés par Orange Cameroun. Elle a appris à concevoir des créations via un logiciel de dessin, à les fabriquer avec une machine à découpe laser. « Je suis très fière de cette formation. Avant, quand je voyais les ordinateurs, je me disais que ce n’était que pour les grands étudiants alors que c’étaient aussi pour des mamans âgées comme moi », explique-t-elle.

En République centrafricaine, Noelle Jessica Gandou, élève de terminale G2 au lycée Technique de Bangui, est l’une des bénéficiaires de l'opération d'assainissement menée par une équipe d'Orange Centrafrique. Suite à cette opération qui s’est traduit par le ramassage des déchets papier et plastique abandonnés, le défrichage et l’entretien des espaces verts, l’assainissement des lieux pour lutter contre le paludisme et les insectes nuisibles, l’adolescente a exprimé sa satisfaction de voir « notre terrain de jeu propre et notre aire de rassemblement embellie par des fleurs, qui offriront une vue magnifique dans quelques mois ».

Des collaborateurs transformés

L’un des effets attendus de ce programme réside dans la transformation observée chez les collaborateurs eux-mêmes. Participer à des missions de terrain leur a permis de développer un nouveau regard sur leur rôle au sein de l’entreprise et de renforcer leur sentiment d’utilité sociale.

Jacqueline Diomandé, acheteuse chez Orange Côte d’Ivoire, juge le programme Orange Engage for Change nécessaire. « C’est une très belle initiative. Ce n’est pas évident pour nous qui sommes au bureau cinq jours sur sept de trouver le temps de sortir et de rendre service à l’humanité que nous-mêmes nous contribuons à détruire à travers nos usages quotidiens », explique-t-elle.

A Madagascar où 563 collaborateurs se sont engagés, Domoina Randriamananoro, Chargé PMO logistique Technique, s’est mobilisée avec d’autres collègues dans la préparation et la remise de paniers aux enfants dans les hôpitaux. Son action, elle l’a justifiée par son envie de se « faire plaisir en aidant et en étant solidaire en même temps. Le plaisir de donner et de recevoir une satisfaction en retour. Les actions humanitaires menées par notre entreprise sont diverses et variées. Je suis fière de pouvoir apporter ma petite contribution en rendant service et de m’associer avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs ». 

Prisca Mihanta Randrianarisoa, chef de publicité, également à Orange Madagascar, a participé à une initiation à une éducation numérique pour les élèves de l’école publique d'Ambohidratrimo. « Je leur ai appris à utiliser des tablettes, ce qui est bénéfique pour leurs études et les prépare pour leur futur », s’est-elle réjoui.   

 « Participer à la reforestation a été une expérience unique. Cela renforce le lien entre collègues et notre engagement envers l’environnement. », a déclaré quant à lui Omar Al-Majali, d’Orange Jordanie

Vers une montée en puissance du programme

Fort du succès de cette deuxième édition, Orange prévoit de renforcer et d'élargir le programme. L'objectif est de mobiliser un salarié sur deux dans Orange Engage for Change, pour une implication accrue de l’ensemble des équipes dans des actions à fort impact sociétal. Avec son nouveau programme d’action sociale, OMEA ne se limite plus à soutenir des causes : il implique activement ses collaborateurs dans une démarche de transformation sociale. Ce modèle repose sur la conviction que les grandes entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la construction de sociétés plus justes et résilientes. Cependant, l’un des grands défis de ce déploiement d’envergure d’OMEA sera de garantir que les projets soutenus continuent à porter leurs fruits après l’intervention de ses collaborateurs.

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Posted On lundi, 07 juillet 2025 01:33 Written by

Chaque week-end, la rédaction de We Are Tech Africa vous rappelle les principales informations de la semaine dans le domaine du numérique en Afrique, ainsi que leurs implications.

La CEDEAO place l'éducation numérique au cœur de ses priorités

Réunis à Dakar, les députés de la CEDEAO ont plaidé pour une intégration renforcée du numérique dans l’éducation via un Pacte régional sur l’IA éducative. Ils appellent à améliorer l’accès à Internet, à promouvoir l’innovation locale et à mutualiser les ressources, en lien avec la Stratégie numérique 2024–2029 et le projet WARDIP.

Sénégal : Visa s’engage à investir dans le New Deal Technologique

Le Sénégal renforce sa coopération avec Visa pour moderniser ses paiements numériques. Un groupe de travail sera mis en place pour lancer des projets pilotes soutenant la digitalisation des services publics. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du New Deal Technologique visant à faire du pays un hub d’innovation numérique.

Cybersécurité : l'Algérie veut adapter le cadre réglementaire

L’Algérie veut adapter son cadre juridique aux défis de la cybersécurité et de l’IA. Le président de l’APN appelle à une législation plus flexible, tout en protégeant les droits. Malgré une bonne base légale, des efforts restent nécessaires pour renforcer les capacités, former les talents et structurer les institutions.

Bénin : l’ASIN conclut trois accords clés pour accélérer la transformation numérique

En marge du Cyber Africa Forum 2025, le Bénin a signé trois accords clés pour renforcer son écosystème numérique. Ces partenariats portent sur la cybersécurité, la gouvernance des données et la création d’un laboratoire d’innovation. Ils visent à stimuler l’inclusion, la formation et la souveraineté technologique du pays. 

Côte d’Ivoire : un appel à la création d'un fonds de 178 millions $ pour les start-up

La Côte d’Ivoire lance un appel aux investisseurs pour créer un fonds de 100 milliards FCFA en soutien aux start-up locales. L’objectif est de pallier le manque de financement privé et stimuler l’écosystème entrepreneurial, dans le cadre du Startup Act et de la stratégie Côte d’Ivoire Numérique 2030.

Posted On samedi, 05 juillet 2025 09:14 Written by

Face aux mutations technologiques mondiales, le Maroc fait le pari de l’intelligence artificielle pour moderniser ses services, stimuler son économie et renforcer sa position comme hub numérique régional.

Le Maroc a clôturé, le jeudi 3 juillet, les premières Assises nationales de l’intelligence artificielle, organisées à Rabat sous la présidence de la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à droite). À cette occasion, neuf protocoles d’accord ont été signés avec des partenaires nationaux et internationaux, affirmant la volonté du royaume de faire de l’intelligence artificielle un levier de développement, de souveraineté numérique et d’inclusion.

Parmi les principaux accords figurent notamment des partenariats avec plusieurs ministères marocains : celui de l’Éducation nationale, pour intégrer le numérique dans les programmes scolaires ; celui de l’Inclusion économique, en vue d'exploiter le potentiel de l’IA pour stimuler l’emploi ; et celui de la Transition énergétique, pour promouvoir le déploiement de centres de données durables. Un autre protocole a été conclu avec l’Université Mohammed VI Polytechnique afin de renforcer la souveraineté numérique et former des compétences nationales.

D’autres partenariats ont été signés avec le Crédit Agricole du Maroc, pour favoriser l’inclusion numérique en milieu rural ; avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour promouvoir une numérisation inclusive en Afrique et dans le monde arabe ; avec l’Organisation de la Coopération Numérique (DCO), pour développer des infrastructures numériques durables ; ainsi qu’avec l’initiative internationale « Current AI » pour défendre une intelligence artificielle éthique, inclusive et sécurisée. Un centre d’excellence baptisé Al Jazari Institute verra également le jour à Nador, avec pour mission de former, innover et intégrer l’IA dans les secteurs stratégiques de l’économie marocaine.

Ces engagements s’inscrivent dans la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui vise à transformer le pays en hub numérique régional. Cette feuille de route ambitieuse prévoit la création de 240 000 emplois directs dans le secteur du numérique à l’horizon 2030, la généralisation des services publics dématérialisés et la structuration d’une économie digitale robuste. L’intelligence artificielle y est identifiée comme un pilier stratégique, intervenant dans de nombreux domaines : éducation, inclusion, santé, agriculture, énergie ou encore administration.

À travers ces accords, le Maroc ambitionne une montée en compétences de ses ressources humaines, une dynamisation de son tissu économique, notamment des TPE, PME et start-up, ainsi qu’une amélioration de la qualité des services publics par l’adoption des technologies d’IA. La priorité est donnée à la formation, à la recherche appliquée, au développement de contenus pédagogiques numériques et à la création de plateformes d’analyse du marché de l’emploi. Une attention particulière est également accordée à l’égalité des chances, à l’inclusion des zones rurales, ainsi qu’à la durabilité environnementale des infrastructures numériques.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 04 juillet 2025 09:39 Written by

Les autorités mauritaniennes souhaitent intégrer les technologies de l'information et de la communication afin d'améliorer le système éducatif national. Une stratégie de transformation numérique du secteur est actuellement en cours d'élaboration.

Le gouvernement mauritanien a lancé le mardi 1er juillet un service numérique dédié aux parents d’élèves. Il s’agit d’une nouvelle étape de franchie dans le cadre de la transformation numérique du secteur éducatif national.

Dénommé « Siraj », le service est disponible sur le portail gouvernemental de services numériques « Khidmati ». Couvrant environ 1,2 million d’élèves, Siraj permet aux parents de consulter la liste des manuels scolaires requis pour leur enfant, de suivre la présence ou les absences enregistrées, de consulter les moyennes annuelles de l’élève à chaque étape de sa scolarité, de soumettre une demande de transfert vers un autre établissement et de localiser l’école sur une carte géographique interactive.

En début d’année, les acteurs du secteur éducatif ont lancé l’élaboration d’une feuille de route pour la transformation numérique du système éducatif national. Parallèlement, les autorités travaillent sur un dispositif innovant de numérisation des diplômes, afin de moderniser leur délivrance et d’en renforcer l’authenticité. Elles envisagent également de mettre en place une plateforme numérique dédiée à la formation continue des enseignants du cycle fondamental, équivalent du primaire. En octobre 2024, la Mauritanie avait déjà annoncé l’introduction des manuels scolaires numériques.

Selon les autorités, le service Siraj vise à impliquer activement les parents dans le suivi du parcours scolaire de leurs enfants, afin de renforcer le rôle de la famille dans l’amélioration des performances scolaires. Cette ambition est confirmée par l’UNESCO dans son rapport « Edtech And Parental Engagement » publié en 2023. L’organisation onusienne estime qu’il y a un fort potentiel pour que les technologies éducatives soient progressivement utilisées afin d’aider les parents à s’impliquer dans l’apprentissage de leurs enfants. Le rapport explique que cela est associé à la fois à une meilleure préparation à l’école et à de meilleurs résultats académiques.

Toutefois, une étude de l’UNESCO montre que plusieurs défis sont apparus lors de la planification et de la mise en œuvre des interventions technologiques visant à impliquer les parents au Kenya. Il s’agit notamment du manque d’implication, du manque de compétences numériques chez les parents et de l’insuffisance des infrastructures numériques. Par exemple, il faudra que les parents d’élèves disposent d’appareils pouvant accéder à Internet (smartphones, tablettes, ordinateurs…) et qu’ils puissent acheter les forfaits pour se connecter, à condition qu’ils résident dans une zone couverte par le réseau. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime le taux de pénétration de l’Internet en Mauritanie à 37,4 % en 2023.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 03 juillet 2025 13:41 Written by

L’intégration des technologies numériques dans les systèmes éducatifs africains est souvent présentée comme une solution miracle pour remédier aux fragilités structurelles du secteur. La CEDEAO veut en faire un levier stratégique au service de sa jeunesse.

Réunis à Dakar depuis le 30 juin, les députés du Parlement de la CEDEAO participent à une session conjointe de la Commission mixte Éducation, Science et Culture / Santé / Télécommunications et Technologie de l’information, autour du thème « Prioriser les technologies de l’éducation et l’innovation dans l’espace CEDEAO ». L’objectif est d’accélérer l’intégration du numérique dans les systèmes éducatifs ouest-africains, afin de répondre aux défis d’une jeunesse majoritaire et de préparer les compétences du 21ᵉ siècle.

Au cœur des échanges, une proposition majeure a été mise en avant : la création d’un Pacte ouest-africain pour une intelligence artificielle éducative, éthique et souveraine. Inspirée des lignes directrices de l’Union africaine, cette initiative vise à garantir une utilisation responsable de l’IA dans l’éducation, à promouvoir des contenus numériques multilingues et inclusifs, et à renforcer la formation des enseignants par le biais d’un réseau régional de laboratoires EdTech.

Par ailleurs, pour dynamiser la numérisation de l’éducation dans l’ensemble de la région, les députés ont insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’électricité et à Internet dans les établissements scolaires, de recenser les plateformes numériques existantes, d’encourager l’innovation locale au sein des écoles et universités, ainsi que de renforcer la coopération régionale afin de faciliter un partage efficace des ressources numériques.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie numérique 2024–2029 de la CEDEAO, adoptée en octobre 2024, qui fait des TIC et de l’éducation numérique des leviers centraux de croissance, d’inclusion et de souveraineté régionales. Elle est également portée par le projet régional WARDIP (West Africa Regional Digital Integration Project), financé à hauteur de 10,5 millions de dollars par la Banque mondiale, qui ambitionne d’améliorer la connectivité, de favoriser un marché numérique intégré et de soutenir le développement des services publics en ligne.

Sur le terrain, plusieurs pays membres, notamment le Sénégal et le Nigeria, ont déjà lancé des plateformes d’apprentissage en ligne et distribué des tablettes dans les zones rurales, conformément aux recommandations de l’Union africaine pour une éducation numérique inclusive. La CEDEAO entend désormais élargir ces efforts à l’échelle régionale, à travers des programmes transnationaux d’e-apprentissage et la mise en place d’un fonds dédié à la réduction de la fracture numérique éducative.

Avec environ 63 % de sa population âgée de moins de 25 ans, selon des données régionales de 2019, l’espace CEDEAO est confronté à un impératif démographique qui renforce la nécessité de développer dès aujourd’hui les compétences numériques adaptées au marché du travail de demain. L’Union africaine, dans sa Stratégie de l’éducation numérique publiée en 2023, estime que 60 millions de dollars seront nécessaires sur les cinq prochaines années pour financer des programmes structurants d’éducation numérique à l’échelle régionale.

Ces investissements doivent non seulement améliorer l’employabilité des jeunes et stimuler l’innovation EdTech, mais aussi contribuer à réduire les inégalités, favoriser la mobilité académique et renforcer la souveraineté technologique de l’espace CEDEAO.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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La CEDEAO s'engage pour gouvernance numérique efficace en Afrique de l’Ouest 

Posted On jeudi, 03 juillet 2025 12:40 Written by
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